Ces séries américaines qui nous ouvrent les portes de la Maison Blanche

De la plus sérieuse à la plus loufoque, ces cinq séries nous ont déjà baladés aux quatre coins du bureau ovale.  

Maison Blanche, cinq séries américaines

On la dit impénétrable. Pourtant, on a l’impression d’en connaître les moindres recoins, les longs couloirs qui y filent et son bureau ovale. La Maison Blanche n’est plus la Maison des Secrets, mais plutôt une sorte de résidence secondaire qu’on visite à travers les séries depuis des décennies. C’est le décor parfait pour faire vivre des intrigues aussi bien réalistes qu’incongrues. Un édifice majestueux qui trône au cœur des fantasmes de Hillary Clinton et Donald Trump, mais surtout des réalisateurs. La preuve par cinq.

A la Maison Blanche : la plus réaliste 

The West Wing - série US

Rarement une série aura été si proche de la réalité. Mise en scène léchée, complexité, personnages recherchés… Pendant sept ans (1999-2006), cette fiction politique nous a transposés dans les coulisses de Washington, comme un œilleton donnant directement dans les murs de la Maison Blanche. Personne ne l’avait vu venir. Croire que les téléspectateurs porteraient un intérêt quelconque à la popote interne des dirigeants des États-Unis semblait complètement improbable à la fin du XXe siècle. À la Maison Blanche n’avait pourtant rien de barbant, elle a même lancé une mode. Et ça, NBC l’a compris avant tout le monde. À l’époque, l’affaire Lewinsky vient d’éclater. Dans ces circonstances, dévoiler une figure présidentielle intouchable et auréolée de grâce n’aurait pas spécialement été opportun. Résultat, la série fait tout le contraire et s’empare des sujets d’actualité délicats, comme les attaques terroristes et ce moins d’un mois après le 11 septembre, mais montre surtout le fonctionnement de la classe politique et l’influence de l’opinion publique et donc, des spectateurs. Un classique.

House Of Cards : la plus manipulatrice 

House Of Cards - Série US

Avec David Fincher aux manettes et Kevin Spacey face caméra, c’est peu de dire que le projet était attendu au tournant. Le résultat dépasse largement la vitrine. Première série de fiction du géant américain Netflix, House Of Cards s’immisce dans les pas de Frank Underwood, persuadé d’être le prochain ministre des Affaires étrangères. Jusque-là, rien de bien palpitant. Par contre, quand le candidat qu’il a soutenu et qui est désormais président ne tient pas sa promesse et nomme une autre personne à la place qu’il convoitait, Frank Underwood se lance dans un jeu de massacre. Pas de pitié, il va tenter de détruire les carrières de tous ceux qui ont ruiné ses espoirs de pouvoir. Lobbies, manipulations, mensonges, détournements…, House Of Cards nous dévoile les aspects les plus sombres de la Maison Blanche, où l’équilibre, aussi fragile que celui d’un château de cartes, dépend surtout des volontés d’un homme floué, capable de tout pour assouvir sa soif de revanche et surtout sa rage de vaincre.

Designated Survivor : la plus inattendue

Designated Survivor - Série US

Devenir président des États-Unis malgré soi. Un cauchemar pour certains, un rêve pour d’autres. Mais soyons francs, la probabilité que cela arrive est tellement proche de zéro qu’on n’y avait même jamais pensé. David Guggenheim s’en est chargé pour nous. Scénariste au C.V. relativement mince et pas spécialement de qualité (Bad Boys 3, Stolen), l’homme a été choisi par ABC pour confectionner l’improbable Designated Survivor. On y découvre Tom Kirkman, incarné par Kiefer Sutherland, qui se voit désigné président des États-Unis face à un pays au bord de l’implosion, alors qu’il n’était que secrétaire d’État au Logement et du Développement urbain. En cause, un attentat terroriste où la quasi-totalité des membres du gouvernement ont trouvé la mort. Sauf Kirkman. À chaque réunion présidentielle, un membre est caché pour éviter que tout le monde ne meure en même temps en cas d’attaque. C’est ce qui se passe ici. L’histoire, surréaliste, fonctionne pourtant à merveille et profite d’une approche… ultra-réaliste. D’autant que Kirkman découvre en même temps que nous les locaux  dans lesquels il va devoir prendre des décisions cruciales. Vous l’avez dans le mille: le bureau ovale!

Scandal : la plus sentimentale

Scandal - Série US

La créatrice de Grey’s Anatomy, Shonda Rhimes, s’est accordé une petite récréation. Elle nous intègre au cœur du monde des avocats-stars et du monde de la communication. Ceux qui réussissent à renverser les scandales, à blanchir les pires escrocs et à dénouer les situations de crise, mais qui se débrouillent autrement moins bien quand il s’agit de gérer leur vie privée. Le rapport avec la Maison Blanche? Il n’est pas bien loin. L’héroïne, Olivia Pope, a noué une relation… privilégiée avec le président des États-Unis. On y retrouve même quelques ambiances propres à la série À la Maison Blanche, comme les soirées tamisées et les restaurants bondés d’hommes politiques.

Veep : la plus décalée

Veep - Série US

Vice-présidente des États-Unis, Selina Meyer est complètement dépassée. Son équipe est composée de bras cassés et elle enchaîne les bourdes. Vous l’aurez compris, Veep ne se veut pas pragmatique, mais plutôt comico-politique. Né dans la tête d’Armando Iannucci, auteur britannique de The Thick Of It, le scénario emprunte certains codes du réel, comme la surexposition médiatique des politiques à l’heure de Twitter, et les tourne en dérision. Ici, pas question de parler de Républicains ou de Démocrates, on ne voit d’ailleurs jamais le visage du président lors des premières saisons. Par contre, l’une des qualités principales de cette série, c’est de remettre les choses en perspective. De prendre énormément de recul pour dépeindre le processus politique et dresser le profil de ces hauts responsables, qui doivent composer avec des personnalités avides, faire des tonnes de compromis, parfois même renoncer à leurs principes. Et bien sûr jouer de l’hypocrisie jusqu’à ce qu’elle en devienne drôle.

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