La revanche des petits

Premier cinéaste américain à avoir imposé son nom au-dessus du titre d’un long métrage et de son générique de stars (un réalisateur n’avait droit en effet à Hollywood qu’à très peu de considération), Frank Capra n’en est pas moins un artiste passionné par le peuple, l’homme de la rue (titre d’un de ses films célèbres), les déclassés.

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Ainsi, Mr Smith n’est personne. Un homme naïf de la campagne au grand cœur que des politiciens corrompus vont amener sur la plus haute marche du Sénat, histoire d’appuyer par l’absurde leur position de domination sur l’échiquier du pouvoir. Mais l’idiot utile ne se laissera pas faire. Et obsédé par la justice et l’honnêteté, il va conserver la parole que les énarques lui ont prêtée. Grand, maladroit, butant sur les mots et les coins de tapis, Stewart est l’incarnation idéale de cet homme bon qui croit en son semblable. Il agit en double du cinéaste qui ne transige pas avec ses valeurs et se montre ici engagé comme jamais. À l’heure du divorce entre des citoyens coincés dans un système qui les broie et des politiques obnubilés par la conservation de leurs privilèges, le film de Capra chante les Droits de l’homme avec une résonance particulièrement contemporaine. Il est peut-être temps de réécouter ce qu’il à nous dire.

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