De 16: dans les coulisses du système politique belge

Alors que De 16 s’amuse à déshabiller les acteurs de notre vie politique, focus sur le quotidien des cabinets. Ces endroits situés loin de nous mais où l’on “vit à 270 km/h”, un œil sur les dossiers, l’autre sur le JT.

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La série De 16, qui prend le chemin du 16 rue de la Loi, ne pouvait pas mieux tomber. Son personnage central? Le ministre du Budget. Willem Wallyn, le réalisateur, a même failli la voir diffuser au moment où le gouvernement était à ça de tomber sur le débat budgétaire. Le budget, qui ne voit le jour qu’après l’intervention de nombreux intercabinets, est donc une excellente filière pour entrer dans les arcanes du pouvoir… En regardant les premières images diffusées lors de l’avant-première à la Chambre des représentants à Bruxelles, une ex-porte-parole flamande d’une vice-Première ministre francophone sourit en coin: “La série reflète vraiment cette réalité du monde des cabinets”. Un avis partagé par des responsables politiques comme Gwendoline Rutten, Wouter Beke, John Crombez et Theo Francken présents lors du lancement. Siegfried Bracke, N-VA, président de la Chambre, trouve même cette fiction “intéressante”.

« Chaque embardée se paie cash »

Que fait-on vraiment dans ces cabinets? “Il y a beaucoup de fantasmes sur la vie de cabinet, mais il y a avant tout des gens qui travaillent jour et nuit, détaille José Cordovil, ex-porte-parole d’Écolo et du ministre Jean-Marc Nollet. Sur le dossier du CETA, il y a certainement des conseillers qui n’ont pas dormi pendant plusieurs jours pour gérer cette crise. La première saison de House Of Cards montrait bien ce lien entre la réalité et la fiction.”  Pour lui, dans les cabinets, on mène “une vie à 270 km/h. Chaque micro-mouvement compte et chaque embardée se paie cash”. La vie de cabinet à ce rythme effréné est la réalité d’une politique qui se vit aussi sur les réseaux sociaux.

Le ministre ne paraît pas bien entouré

Ce monde évolue au fil des années selon Michel Henrion, chroniqueur politique et ex-porte-parole de Guy Spitaels, président du PS. “Certains cabinets ou ministres actuels sont faibles, dit-il. Ils manquent de chefs de cabinet puissants. Le lien entre le ministre et son chef de cabinet est primordial. La force de certains ministres réside dans le réseau qui leur permet d’être au courant de tout.” Dans De 16, le ministre concerné ne paraît pas être bien entouré. Comme à une époque certains ministres, Marie Arena, Fadila Laanan, ou récemment Jacqueline Galand, Marie-Christine Marghem, Hervé Jamar ou encore Johan Van Overtveldt. “Pour Van Overtveldt, le problème de son cabinet réside dans le fait qu’il a été construit sur des personnes venant du privé et qui n’ont pas de relais dans les   institutions publiques. Cela l’empêche d’avoir accès aux bonnes infos”, analyse Henrion. À croire que le chef de cabinet possède le pouvoir qui détermine tout le reste. “Il prend la place que le ministre lui laisse prendre, précise Cordovil. Et si tout part en vrille, c’est le ministre le responsable, pas le chef de cabinet.”

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