Clinton-Obama, ménage à quatre

Ils ont autant de bonnes raisons de s’aimer, de s’instrumentaliser ou de s’entre-tuer. France 5 revient sur une histoire faite de pactes et de trahisons, pour deux couples mythiques.

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Hillary Clinton avait vu en lui un jeune loup prometteur, avec un vrai potentiel sympathie, qui pourrait booster sa carrière. Elle était debout, tout sourire, à la fin de ce discours de juillet 2004 où un quasi inconnu, nommé Obama, avait clos la convention démocrate en parlant de son père et des chèvres qu’il gardait dans un bled du Kenya. Elle lui a enseigné les rouages de Washington quand le sénateur tout neuf a débarqué en 2005. Elle pensait que cette incarnation de l’Amérique réconciliée avec ses couleurs, allait la propulser dans le bureau ovale. Raté. Ce n’était pas pour tout de suite. Le charisme de Barack Obama, elle l’a reçu comme des lames de poignard dans les reins quand le quadra s’est déclaré candidat à la présidentielle de 2008.

Elle avait soutenu Bill pour sa campagne et son mandat, supporté l’humiliation Monica pour être la candidate démocrate à ces élections. Mr Clinton avait promis de consacrer les vingt années qui suivraient sa présidence à la carrière politique de sa femme. Il a tenu sa promesse, mais c’était compter sans l’ambition d’Obama qui l’a contrainte à attendre huit ans de plus. La start-up du “Yes we can”, avec ses micro-donateurs et sa massive campagne digitale, a anéanti le clan Clinton, pourtant taillé pour la victoire.

Après la colère, il y a eu le pacte: un remboursement d’une partie de la campagne inutile aux primaires et un poste pour la candidate déçue, celui de secrétaire d’État. Plus tard, sur un terrain de golf, Bill, ancien président adulé, ravalera rancœur et fierté et aidera Barack à se faire réélire, en échange d’un soutien inconditionnel à son épouse pour les élections du 8 novembre.

Donnant-donnant pour deux couples qui partagent entre autres une extraction extérieure à l’aristocratie politique américaine des Kennedy, Bush et Roosevelt ainsi qu’une éducation d’exception (Yale et Harvard). Bill a rapidement affirmé le principe du “un Clinton acheté, un offert” en offrant une place à Hillary à la table des réunions stratégiques. Là où d’autres First Ladies choisissent la couleur du service de réception, madame Clinton s’est vu confier une réforme de la santé. Michelle Obama s’inscrira, plus discrètement, dans ce sillage, tandis qu’Hillary parcourait le monde pour asseoir sa marque en rêvant à 2016. La femme à laquelle deux présidents ont dédié leur énergie après avoir assouvi leur propre ambition passera-t-elle enfin au premier plan à l’issue du vote?

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