Surveiller et servir

Une équipe de journalistes a passé trois mois au cœur des enquêtes de la Brigade de Bruxelles Ouest. Un reportage qui souligne à quel point le Niveau 4 a changé notre quotidien. 

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Entre mille autres choses, le 13 novembre a produit le Plan Canal. Soit la réaction des autorités à la ”découverte” du radicalisme et de l’extrémisme à Molenbeek. En clair, on a remonté le niveau d’alerte et gonflé les rangs et les moyens de la brigade de Bruxelles Ouest. Objectif: enquête et proximité. Concentré sur le travail au quotidien des agents, qu’on sent très impliqués, Niveau 4 est la meilleure riposte au ”police belge bashing” (regard noir vers nos voisins français). Car les nombreux enquêteurs bossent, vraiment, dans différents domaines d’expertise. Et à les voir, l’on réalise leur courage quotidien et l’ampleur de la tâche… Pour ”maintenir l’ordre”, il faut travailler sur tous les tableaux. On verra An, agent de quartier, contrôler les identités dans les cafés ”suspects”, surveiller les jeunes et rechercher les clandestins. Tom, inspecteur en chef, est lui spécialisé dans la lutte antidrogue. Dennis et Kristof, inspecteurs en chef également, assurent la coordination. Au cœur du problème, Dimitri et Nadia, eux, se chargent de la prévention, avec la cellule radicalisme…

Reste qu’on observe peu d’agents d’origine marocaine dans ce casting. On se dit aussi que ces contrôles d’identité ne sont peut-être pas la solution idéale. Puis, face à ces policiers qui font bien leur boulot, on ne peut s’empêcher de regretter que, lors de ce niveau 4, les décisions politiques aient fait aussi peu de place à la prévention. Parce qu’on peut tenter de prévenir à court terme les attentats, à coups de surveillance, de présence militaire dans les rues et d’investigations efficaces. Mais on pourrait aussi développer la prévention par le dialogue, la compréhension, le partage. C’est l’absence de cette prévention-là qui nous laisse un goût amer à la fin du reportage.

 

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