PETIT ECRAN. Femmes sur le front

Portraits de femmes étonnantes qui combattent Daesh au quotidien, dans l’enfer de la guerre syrienne.

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Elles s’appellent Viyan ou Ararat. Elles ont 25 ans tout au plus et sont issues de la communauté yézidie. Alors que leur famille les rêve mariées avec des enfants, elles ont décidé de prendre les armes. Elles font désormais partie des Unités de protection de la femme, les brigades féminines de la guérilla kurde (YPJ). La première est l’une des plus jeunes commandantes de la guérilla. La seconde, la directrice d’un camp d’entraînement qui forme les recrues féminines. Qui sont en nombre! Les chiffres restent flous mais certains avancent que près 50 % des membres de la guérilla kurde sont féminins.

Depuis l’arrivée de Daesh en Syrie, ces demoiselles se battent chaque jour pour quelques mètres de terrain. “Ils ont peur de nous, ils croient que, s’ils sont tués par une femme, ils n’iront pas au paradis”, sourit Viyan, le fusil à l’épaule. Le reportage de ce soir suit le quotidien hors du commun de ces combattantes qui ont préféré tourner le dos à la tradition pour les collines périlleuses de Syrie.

Douleurs physiques et souffrances psychologiques

Sur le front, dans leur village natal où personne ne comprend leur choix, les jeunes femmes encaissent douleurs physiques et souffrances psychologiques sans jamais perdre leur motivation. Il faut dire que, sans nier leur courage exemplaire face à une organisation qui kidnappe les Yézidies pour en faire des esclaves sexuelles, la guérilla est une alternative – peut-être la seule – à la vie qu’on leur imposait. “Mes frères étaient libres, pouvaient aller à l’école. Moi, j’étais cloîtrée à la maison à faire le ménage. Je suis partie en cachette”, explique Viyan. Car enfiler l’uniforme signifie aussi partager le quotidien des hommes et permet un accès à l’éducation proposée aux soldats kurdes.

Derrière un passionnant reportage au cœur de la lutte des Unités de protection de la femme, c’est aussi l’ébauche d’une analyse sociale qui est ici proposée. Un documentaire à (re)voir.

 

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