C’est beau, une vie

Laurent Delahousse redonne la voix à Jean Ferrat. Rien que pour ça, bonheur et joie.

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C’est jubilatoire de retrouver les airs de ce monument de la chanson française, disparu en 2010, absent des ondes depuis si longtemps déjà. La raison de ce silence radio apparaît en filigrane du docu de ce soir: après avoir arrêté la scène en 1970, l’homme a passé sa vie à faire la nique à la censure, à refuser l’ordre établi, à s’insurger contre les injustices, à militer pour le communisme (tout en ayant à cœur de dénoncer les purges staliniennes), à se dégager des majors de l’industrie du disque, à râler contre le barnum de la télé qui fabrique des cons et contre les jeunes cons qui croient tout savoir. Son œuvre est datée, ancrée et profondément engagée dans son époque, ”en situation”, comme le voulait Sartre. Elle touche pourtant souvent à l’immortalité, lorsqu’il chante Aragon ou les plaisirs simples. Et c’est tout le propos de ce film. On peut le regretter mais l’on y verra moins le chanteur, la star, le porte-parole que le jardinier à la moustache grise. Le sujet, c’est la personne, pas le personnage. Les images nous montrent l’amoureux de la nature qui cultive son jardin, joue aux boules, profite de la vie, se balade en Ardèche et refait le monde au pied d’un arbre. On le quitte avec une seule envie, réécouter La montagne.

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