PETIT ECRAN. The Constant Gardener, thriller politique et histoire d’amour peu banale

Le film, réalisé par Fernando Meirelles, raconte l'histoire d'un homme qui va mener l'enquête à la suite de l'assassinat d'une activiste. 

The Constant Gardener - Ralph Fiennes et Rachel Weisz

Ancien espion, l’Anglais John le Carré est devenu comme Fleming (007) un romancier célèbre, contant des histoires d’agents secrets. Mais la comparaison s’arrête là… Car si Fleming s’est attaché à nous faire rêver sur un métier à jamais associé aux aventures extraordinaires de James Bond, le Carré, fidèle à son patronyme, préfère de loin le réalisme. C’est donc un héros trouble, inquiet et alcoolique, bref, l’antithèse de Bond, qu’il met en scène dans le roman L’espion qui venait du froid, qui va lancer sa carrière d’auteur de grands thrillers d’espionnage. Une histoire terrible de manipulation, l’espion en question se trouvant réduit au rôle de pion sur un échiquier complexe qui le dépasse. 

Premier best-seller

Premier best-seller et première adaptation cinématographique dans la foulée pour l’auteur dont les histoires passionnantes constitueront un fameux vivier durant des décennies pour le cinéma. C’est à l’excellent Richard Burton qu’échoit le rôle de l’espion, enfermé par Martin Ritt dans un noir et blanc rugueux et une aventure dépourvue d’action. Tout cela en parfaite osmose avec un récit axé sur la logique perverse des services secrets où tous les personnages sont les jouets d’instances supérieures à la manœuvre. Une constante dans les romans de John le Carré. Car c’est encore de la manipulation d’hommes de l’ombre dont il sera question dans La taupe, fantastique thriller paranoïaque emmené par un Gary Oldman proche de l’antihéros névrosé du chef-d’œuvre Conversation secrète de Coppola. Pareil encore dans The Constant Gardener où l’on troque les bureaux brun-gris sans âme des services de renseignements pour Nairobi, où les puissants du monde ont changé de nom depuis la guerre froide, mais sont restés exactement les mêmes. Le film, qui sera diffusé ce dimanche soir sur Arte, raconte l’histoire d’une activiste retrouvée assassinée au Kenya. Son mari va alors décider de mener l’enquête. Révélé par La cité de Dieu, Meirelles empoigne à bras-le-corps un roman de John le Carré. Le style âpre du réalisateur accentue le sentiment d’urgence dans lequel baigne ce thriller politique doublé d’une histoire d’amour peu banale, le “héros” prenant conscience de ses sentiments quand il est trop tard.

De Fernando Meirelles (2005). Avec Ralph Fiennes, Rachel Weisz.

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