La rose et les épines: le destin d’André Cools

Le maître de Flémalle

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La RTBF puise, avec raison, dans la mine d’or de ses anciens reportages numérisés par le projet Sonuma. Et cela donne de très bonnes choses, comme ce documentaire consacré au maître de Flémalle. Deux avertissements préliminaires. Un, vous n’y trouverez pas de Devoir d’enquête consacré à l’interminable saga judiciaire qui a suivi son assassinat (le 18 juillet 1991). Deux, n’espérez pas non plus trop de point de vue critique, la Fondation André Cools a coproduit et la famille témoigne (on verra sa compagne, Marie-Hélène Joiret, son fils et son petit-fils, ainsi que Philippe Moureaux, le disciple). Ça n’en ôte pas pour autant tout intérêt au film, surtout qu’un contrepoint nécessaire est apporté par les interviews de Pierre Verjans, politologue de l’ULg et Frédéric Brabant, auteur de L’histoire secrète du PS liégeois. On ne compte donc plus les raisons de consacrer une heure à cette biographie. Tout d’abord la nostalgie, cette surprise émue qui nous envahit à replonger dans la politique de bon-papa, à revoir ces têtes connues et oubliées, ces ministres en costumes marron et pantalon large, ces patriarches à lunettes géantes qui fument desBelga dans des intérieurs à la Derrick. Toute une époque…

C’est d’ailleurs surtout pour cela que l’on verra le destin de l’homme fort du parti socialiste des années Tindemans: pour l’époque. Pour traverser l’histoire de la Belgique, dans ces années critiques qui s’étalent entre 1960 et 1990. Toutes les affaires, toutes les intrigues, toutes les guerres, toutes les réformes de l’État sont les étapes du cursus honorum d’André Cools. Ça démarre dans une famille ouvrière flamande partie chercher l’embauche dans une banlieue rouge de Liège. Viennent ensuite les grèves de 1960, la montée du fédéralisme chez les socialistes, désireux de voir la Wallonie florissante prendre son autonomie (curieux écho), le Pacte d’Egmont, Fourons, la crise de la sidérurgie… Le député, vice-Premier ministre, président de parti, bourgmestre, sera de tous les coups, de tous les conflits, auxquels il ajoute souvent ses colères quand il n’en est pas à l’origine. On verra aussi comment ses relations avec les syndicats n’ont pas résisté à la dureté des eighties. Et comment, durant plus de 30 ans, cet homme d’État est resté Wallon de cœur.

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