Leurs pires années

Dans le cadre d’une soirée sur le harcèlement scolaire, un téléfilm sobre adapté d’une histoire vraie. En février 2013, Nora Fraisse découvrait le corps sans vie de sa fille Marion, 13 ans.

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Elle a appris par la suite que l’adolescente s’était pendue pour échapper au harcèlement dont elle était victime au collège. Un acte d’une violence radicale que Nora Fraisse, pour ne pas sombrer, s’est acharnée à comprendre. Et dont elle a livré sa version dans un livre brûlant, Marion, 13 ans pour toujours. Un témoignage aujourd’hui adapté pour le petit écran, dans une fiction sobre et fidèle au récit originel, qui vient rendre hommage au combat mené par la mère de Marion pour faire la lumière sur le drame. Le téléfilm épouse tout d’abord le point de vue de la jeune fille, décrivant à la fois une vie de famille chaleureuse et une scolarité bouleversée par la dégradation de ses relations avec les autres élèves. Jusqu’au drame que nul n’a vu venir.

L’histoire de Marion devient alors celle de sa mère, rongée par la colère et lancée dans une obsessionnelle quête de vérité. Incarné avec justesse par ses comédiens – notamment Julie Gayet dans le rôle de Nora et Luàna Bajrami dans celui de l’adolescente – Marion, 13 ans pour toujours n’occulte pas la question du sentiment de culpabilité des parents de la victime. Mais il interroge surtout, en écho à Nora Fraisse, la responsabilité du corps enseignant. La question est délicate, la tragédie sans doute plus complexe que ne le laisse entrevoir le téléfilm. Mais l’affaire, extrêmement médiatisée, est venue porter sur le devant de la scène un sujet grave auquel les enfants sont souvent confrontés sans trouver de soutien. Anciennes victimes et parents d’ados suicidés ont depuis témoigné dans un documentaire percutant. France 3 le rediffuse en troisième partie de soirée – après un nécessaire débat sur le harcèlement où échangeront familles et représentants de l’Éducation nationale.

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