Les vies de Juppé

Après une belle traversée du désert, il se voit bien président. Franz-Olivier Giesbert se charge de narrer l’épopée.

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Qui prendra la suite de François Hollande le 7 mai prochain? Pour tenter de mieux connaître les prétendants à l’investiture suprême, France 3 initie une série de portraits des candidats actuellement en présence. Une belle brochette, que l’on entame ce soir par celui que l’on considérait comme un outsider il n’y a pas si longtemps, avant que les sondages ne le donnent favori de la prochaine primaire des Républicains. Alain Juppé, un ”ressuscité” pour Franz-Olivier Giesbert, qui aime à retracer les parcours politiques avec des accents romanesques.

Émaillé d’entretiens avec le populaire présidentiable, son film se montre d’autant plus vivant que son sujet, connu pour sa froide réserve, joue le jeu sans langue de bois – mais sans trop en faire non plus. Enfin serein, Juppé? Sans doute, porté par ceux, électeurs de droite voire déçus du Parti socialiste, qui se déclarent en sa faveur. Le Juppé 2016 n’a pourtant pas fait oublier celui de 1995, année de la chute qui valut au Premier ministre de Jacques Chirac – son père spirituel – de quitter la vie politique et l’Hexagone, une condamnation à 14 mois de prison avec sursis assortie d’une année d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts lui collant aux basques. Les Français, eux, gardent en mémoire son plan sur les retraites et la Sécurité sociale, qui les fit descendre dans la rue le temps de grèves restées historiques. De ses erreurs, le candidat parle franchement, reconnaissant ses prises de conscience tardives sans se flageller – il est, toujours, “droit dans ses bottes”. Et probablement plus humain, privilégiant une parole claire dont la sobriété ne semble pas éclipser la sincérité. Un intéressant face-à-face à suivre, avant de savoir si la Juppé-mania portera les fruits qu’elle promet ou si elle se dégonflera comme la baudruche Balladur en 1995.

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