Cabinet portrait

Nouvelle héroïne proposée au rayon avocats, Munch profite surtout du talent comique d’Isabelle Nanty.

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Son nom claque comme la voix avec laquelle elle s’annonce: “Munch”, diminutif de Munchovsky, est une avocate pénaliste qui ne s’encombre pas de circonvolutions, pas plus que d’un prénom. Un petit bout de femme à l’assurance tranquille et aux méthodes fantaisistes, comme l’illustre la séquence d’ouverture où elle amorce sa plaidoirie en consultant les menus à emporter d’un restaurant japonais. On l’aura compris, la nouvelle fiction judiciaire de La Une mise sur la comédie et ses auteurs ont eu la bonne idée d’en confier les rênes à une actrice rompue à l’art de faire rire, par ailleurs pourvue d’une sacrée personnalité. Isabelle Nanty, familière des plateaux de tournage comme des planches, douée pour le jeu autant que pour la mise en scène, est clairement l’atout de Munch, dont la trame ne brille pas par son originalité. Les cabinets d’avocats, on connaît. Mais le pilote de cette (future?) série réalisée par Gabriel Julien-Laferrière – qui a signé Neuilly sa mère, Fais pas ci, fais pas ça et tout récemment C’est quoi cette famille?! – a du rythme et un ton.

Aux côtés de Munch-Nanty dont le peps et la repartie emportent le morceau, les autres personnages mériteraient d’être un peu plus creusés – notamment son associé et ami Bellanger (Lucien Jean-Baptiste), père célibataire et homo incapable de faire son coming out. Mais le scénario sème quelques graines propices à une évolution et/ou des révélations. On attend donc de voir si Munch parvient à proposer davantage qu’une énième série judiciaire et s’attache à soigner ses arguments, de l’avocate pénaliste un peu perchée et anticonformiste aux dialogues qui hésitent encore entre facilité et vivacité. Sans oublier ses intrigues, dont la première – un adolescent accusé de meurtre – laisse entrevoir un effort pour évoquer des affaires un peu moins ordinaires qu’à l’accoutumée.

 

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