La pompe à palabres

Benjamin Maréchal, colosse des audiences du service public, débarque avec un nouveau talk-show, avec des quidams dans une station-service.

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Benjamin Maréchal est le genre de personnalité médiatique qui n’attire pas l’indifférence. En plein mercato télévisuel, avant l’été 2016, des rumeurs persistantes envoyaient le géant de deux mètres à la matinale de RTL. Une source interne à la RTBF déclarait alors que la chaîne publique préférerait “se couper un pied”, carrément, plutôt que se passer de l’animateur de VivaCité, où Maréchal truste les audiences comme personne. Mais en coulisses, à Reyers, l’homme se sait contesté. Dans nos colonnes, il revenait lui-même sur des critiques en interne, qui visaient son style “racoleur et populaire”. Lui dressait les contours d’un journalisme qu’il imaginait plus proche des gens, et qui ne se contentaient pas de tendre le micro à des éminences détenant des “fonctions publiques” ou des titres “universitaires.

Craignant de perdre cette locomotive à audience que l’on disait en recherche de nouveaux défis, la direction de la chaîne publique lui a tendu une perche: son propre talk-show, en deuxième partie de soirée. Une place pour y faire une émission qui tient à sa ligne directrice (la proximité), et où il pourra prolonger la recette mise en place dans C’est vous qui le dites, débat radiophonique tendance café du commerce, qui cartonne et lui a créé pas mal d’inimitiés. Elle s’appelle Ah c’est vous, promet de “l’interactivité”, et place Maréchal comme un guide qui, “avec humour et sympathie” permettra au public de se forger des opinions sur l’actu chaude du moment. Originalité: elle se passera dans une station-service. Le fan d’Elvis Presley, qui aime mettre sa rigueur en avant, promet ainsi de remettre les “anonymes” au cœur de l’actu et montrer en quoi, justement, ils la façonnent, tout en les invitant à grignoter quelque chose ou à boire un café après un plein d’essence. Le tout en espérant un plein d’audience.

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