Dexia: la finance tous risques

À l’origine, en 1860, il y avait le Crédit communal. Une banque coopérative qui permettait aux communes d’emprunter pour financer leurs investissements.

dexia2_rtbf

Rien de bien aventureux, sur le papier. En 1996, la banque fusionne avec le Crédit local français pour devenir Dexia. Elle multiplie les investissements dans d’autres banques et étend ses ailes, tout en gardant son business de base. Mais les subprimes passent par là. En septembre 2008, l’action Dexia se prend une raclée après que la banque s’est largement aventurée sur des marchés financiers à risque, notamment aux États-Unis et en Islande. L’État met la main à la caisse pour sauver ce qui peut encore l’être et trois ans plus tard, après bien des soubresauts et des pertes sèches, la nationalisation de la branche belge de Dexia est entérinée. Une “ bad bank ” reprenant tous les actifs toxiques est créée, un peu comme un “ zombie ” qu’on laisserait s’éteindre sur le côté. Sans que l’on cherche réellement à épingler les responsables.

Dexia, la faute à personne nous montre les conséquences peu reluisantes de cette plongée toxique. 20 milliards d’euros, environ, c’est le coût de la dégringolade de la banque pour la France et la Belgique. Et quantité de collectivités locales se sont rendu compte qu’elles avaient dans les mains des emprunts qui ressemblaient à des bombes à retardement. C’est le cas de la petite ville française d’Unieux, visitée par la réalisatrice Catherine Le Gall. Le maire lui a montré ses prêts toxiques, dont le taux d’intérêt pouvait parfois être conditionné à… la montée ou la baisse du franc suisse. Le Gall tentera de parler à Axel Miller ou Pierre Richard, les deux anciens patrons du groupe. Le premier la verra sans caméra, et affirmera ne plus vouloir regarder dans le rétroviseur, le second demandera à sa femme d’éconduire la journaliste.

Sur le même sujet
Plus d'actualité