Non, vous n’êtes pas multitâche

Arriverez-vous à lire cette chronique sans vous interrompre? Vu le temps de concentration de nos cerveaux surconnectés, ne criez pas victoire trop vite. 

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Au milieu d’une action, nous avons pris l’habitude de nous interrompre, pour envoyer un e-mail ou rafraîchir notre boîte de réception, décrocher le téléphone, répondre à un sms, attraper un Bulbizarre posé sur le bureau voisin… Sommes-nous devenus des rois du multitâche, au summum de la productivité? Les générations Y et Z ont-elles une longueur d’avance? Pas vraiment. “Le fantasme qui consiste à renforcer les jeunes dans l’idée qu’ils pourraient être plus multitâches que leurs aînés ne correspond à aucune étude cognitive sérieuse et les conforte dans un zapping compulsif qui va leur faire beaucoup de mal”, avance le sociologue Thierry Venin. D’autres experts assurent que ce que nous prenons pour une capacité à gérer deux choses au même moment n’est qu’une illusion. Envoyer un mail tout en répondant au téléphone? Utopie. Impossible de se concentrer réellement sur les deux opérations en même temps; elles sollicitent le même réseau de neurones, celui du langage. 

Nos exigences quant à la qualité de notre travail baissent avec notre capacité d’attention et, à l’inverse, le stress monte en flèche. Si l’homme a pris l’habitude d’écouter la radio en conduisant et de se plier aux caprices de la sonnerie de son téléphone, il est aujourd’hui confronté à un flot d’informations vertigineux. Nous produirions autant d’infos en deux jours que durant les deux millions d’années qui précédèrent cette ère surconnectée. Hallucinant. Alors? Combien de fois avez-vous décroché durant la lecture de ce texte, pour chercher une info, regarder votre téléphone? Bonne nouvelle, l’attention, ça se “soigne”. 

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