Sur tous les fronts

Stéphane Bern dévoile Winston Churchill, figure emblématique du Royaume-Uni, dans un nouveau numéro inédit. 

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De lui, beaucoup ne retiennent que son implication dans le conflit face à l’Allemagne nazie, son opposition à Staline et sa longue carrière politique, qui dura près de soixante ans. Entré au panthéon des grands de ce monde, Winston Churchill n’était pas qu’un homme d’État. Il était aussi un véritable artiste. 

Écrivain prolifique, il publie près de quarante œuvres et reçoit en 1953 le prix Nobel de littérature. Interrogé sur leur choix, les membres du comité d’attribution déclarent avoir choisi l’homme au chapeau melon “pour sa maîtrise de la description historique et biographique ainsi que pour ses discours brillants pour la défense des valeurs humaines”. Doté d’un humour très british, et légèrement déçu de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix qu’il convoitait, Churchill déclare: “Tiens, je ne savais pas que j’écrivais si bien”. La qualité de son écriture est unanimement reconnue mais les avis sont un peu plus nuancés au sujet de son objectivité. On lui reproche entre autres d’avoir fait prévaloir dans son œuvre sa vision très personnelle de l’actualité internationale et d’avoir oublié de mentionner quelques événements majeurs, comme le bombardement de Dresde en 1945 par exemple. 

Le côté artiste de l’homme s’exprime également dans la peinture, un véritable exutoire à ses phases de dépression, son ”black dog” comme il le nomme. Cette passion remonte à l’aube de ses quarante ans, en 1915. À l’époque, alors qu’il est Premier Lord de l’Amirauté (le ministre de la Marine), il est mis en cause dans l’échec de l’offensive navale des Dardanelles et contraint à la démission. Désœuvré, il rend visite à sa belle-sœur et observe cette dernière peindre une aquarelle. C’est le déclic. Winston Churchill décide de s’y mettre pour tromper son ennui. Il ne s’arrêtera jamais et, jusqu’à sa mort en 1965, il produira plus de 530 toiles…

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