Triste écho

Un demi-siècle après Steinbeck, August Zirner et son chien se lancent dans un road trip documentaire pour dresser le portrait de l’Amérique.

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En 1960, au début de la « décennie dorée » John Steinbeck publie Voyage avec Charley, chronique du voyage à travers les États-Unis qu’il entreprend en mobil-home avec pour seule compagnie son caniche. Amer, le futur prix Nobel y dépeint une Amérique qu’il ne comprend plus et dans laquelle il ne se reconnait pas. Quatre ans plus tard, nait dans l’Illinois, August Zirner fils d’un immigré juif autrichien venu chercher au pays de l’oncle Sam une terre pacifiée pour fonder sa famille loin de la dictature nazi. À 60 ans et une carrière bien remplie dans le cinéma allemand, l’acteur a décidé de marcher dans les pas de l’auteur nostalgique et de revenir sur la terre qu’il a quitté à l’adolescence. Comme lui, il est là pour comprendre son pays natal et comme lui il a emmené Betsy son fidèle compagnon canin. En pleine année d’une élection présidentielle dont le niveau semble s’affaisser de jour en jour, Zirner part à la fois à la recherche de ses racines et de réponses aux grands débats qui traversent l’Amérique de 2016. À New-York, il discute immigration avec l’éditrice de Steinbeck alors qu’un possible futur président veut construire un mur à la frontière avec le Mexique. À Washington, il soulève le problème de l’impérialisme et de l’ingérence politique mais aussi l’épineuse question du sacro-saint port d’arme, à l’heure où chaque semaine apporte sa nouvelle tuerie frénétique. En pleine époque Blacks Lives Matter, il gare son pick up à Atlanta, ville au lourd passé esclavagiste, pour rencontrer la jeunesse qui vit les tensions raciales. À chaque épisode son lot de réponses… et de nouvelles questions. En s’engageant dans ce road trip réflexif, il ne s’attendait peut-être pas à trouver autant de similitudes avec l’oeuvre de son illustre ainé.

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