Des réjouissances douces-amères

Pour dévoiler les coulisses peu glorieuses des Jeux, France Ô nous balade dans les environs des stades de Rio.

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Dix milliards d’euros. C’est la note, salée et indigeste, que vont devoir avaler les Cariocas et les Brésiliens dans leur ensemble pour avoir le droit d’accueillir les Jeux olympiques d’été. Le pays a été récemment secoué par la destitution de la présidente Dilma Rousseff – sur laquelle s’est acharnée une partie des médias – en faveur d’un nouveau président, Michel Temer, tout aussi impliqué, si pas plus, dans des affaires de corruption. Pour la population, l’humeur n’est pas à la fête. Plongé dans une crise économique importante, avec une croissance en berne et un déficit public important, le pays a mis la main à la poche pour accueillir la Coupe du monde et, deux ans plus tard, les Jeux olympiques. Mais les nombreux travaux entamés ont souvent été bâclés. Quand ce n’est pas une route qui se morcelle, c’est une piste cyclable qui s’effondre. Les Brésiliens savent que d’une manière ou d’une autre, ils devront payer l’addition de cet événement. Le tout se déroulera dans une ambiance étrange, avec un afflux de forces de police, encore augmentées suite aux attentats de Nice.

France Ô ne va guère dissiper cette sinistrose, mais les deux soirées en quatre documentaires que propose la chaîne sont utiles pour ne pas céder aux sirènes du marketing que la ville de Rio et le Comité olympique ne vont pas hésiter à faire rugir durant tout l’événement. La misère à l’ombre des stades brésiliens, déjà diffusé à l’occasion de la Coupe du monde, rappelle que derrière les plages se tapit un pays où les inégalités sociales sont explosives. À Rio de Janeiro, les premières favelas sont apparues à la fin du 19e siècle. Des dizaines de milliers de Cariocas y vivent. Pour construire le village olympique, les autorités n’ont pas hésité à exproprier des centaines de familles. France Ô s’aventure ensuite du côté de la fameuse Cité de Dieu, favela bien (et mal) connue grâce au film du même nom, mais qui aujourd’hui navigue à contre-courant des clichés qu’elle véhicule. Avec une agence de développement local, elle a pu sortir de l’ornière. Déjà dans les années 80, chose méconnue, cette favela regorgeait d’initiatives culturelles locales, du théâtre à la samba. En fin de soirée, France Ô fait le détour obligé par le trafic de drogue, et en particulier de crack.

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