Crescendo

Moins fou, plus harmonieux, le feuilleton évolue à l’image de ses personnages. Musique, Maestro!

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On n’ira pas jusqu’à avancer que la première salve faisait dans le grand n’importe quoi. Et pour cause: ses intrigues, dont les enjeux pouvaient parfois apparaître comme flous ou brouillons, étaient à l’évidence le reflet du tempérament de Rodrigo (Gael García Bernal). Ce jeune chef d’orchestre propulsé à la tête de l’ensemble symphonique de New York, en remplacement de Thomas (Malcolm McDowell), son vieillissant prédécesseur. Complètement barrée, la personnalité de ce héros pas comme les autres tranchait avec le côté poussiéreux de l’institution. C’est sans aucun doute cette douce folie ambiante et ce coup de pied donné dans cette ronronnante fourmilière qui conféraient tout le charme à ces premiers épisodes mis en chantier par le site de vente Amazon. Les professionnels ne s’y sont pas trompés. Aux derniers Golden Globes (l’une des cérémonies américaines les plus prestigieuses récompensant les œuvres du petit écran et du cinéma), ils ont largement salué Mozart in the Jungle en lui décernant les trophées de la meilleure comédie télévisée et du meilleur acteur dans cette même catégorie pour Gael García Bernal.

C’est peu dire que les producteurs de cette fresque – dont le comédien Jason Schwartzman et Roman Coppola, le fils de Francis – étaient attendus au tournant pour cette suite. Cette pression, on la retrouve aussi sur les épaules du maestro. Désormais plus posé, le voilà face à ses responsabilités. Son irruption n’a pas laissé ses musiciens de marbre, mais impossible pour lui de se faire respecter comme il le devrait. Perturbé, il en arrive même, en rêve, à discuter avec Mozart… Pas le choix: il lui faudra rapidement atterrir tandis qu’en parallèle ses ouailles menacent de faire grève. Le devenir de l’orchestre, d’ailleurs, est au cœur de cette saison 2. Mais il ne sera pas le seul centre d’intérêt. Alors que Rodrigo se cherche, professionnellement et artistiquement parlant, sa vie privée va aussi nous interpeller. Ces inédits confirment en effet son rapprochement avec Hailey (Lola Kirke), cette hautboïste qui, à son tour, tente de trouver sa place au sein de la formation. Dans les autres grandes lignes de cette salve: un détour au Mexique (un voyage bienvenu perçu comme une véritable bouffée d’oxygène), mais également le parcours de Thomas en pleine composition de sa première symphonie. Une troisième fournée sera prochainement mise en musique. Bravissimo!

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