Quand les riches s’entassent

C’est l’une des îles les plus exclusives des Antilles, et ce depuis l’installation d’un certain David Rockefeller. Mais malgré ses prix exorbitants, Saint-Barthélemy subit une flambée immobilière qui inquiète ses riverains.

saintbarth_1_rtbf

À première vue, c’est l’île parfaite pour une retraite dorée. Coincée dans les Antilles françaises, à plus de deux cents kilomètres de la Guadeloupe. Baignée dans des eaux turquoise, au calme, épargnée par les tours bétonnées fourmillant de touristes. Pourtant, l’île de Saint-Barthélemy, du nom du frère de Christophe Colomb, qui découvrit l’île, n’a pas grand-chose pour elle au niveau économique. Au 17e  siècle, quand les Français en font l’acquisition, ils se rendent bien vite compte que le climat sec et le sol famélique ne laissent guère d’autre choix que l’élevage de chèvres. Et l’eau manque cruellement (elle est aujourd’hui la plus chère de France!). L’île est cédée, un temps, au roi Gustave III de Suède, contre des entrepôts gratuits au port de Göteborg. Vers les années 1950, David Rockefeller y achète une propriété. À la suite du magnat américain, le gratin débarque sur l’île de 380 km2: Kennedy, Greta Garbo, Mick Jagger puis, plus tard, Johnny Hallyday ou encore Bill Gates.

La Deux nous décrit par le menu ce qui peut attirer ceux qui roulent sur l’or. Notamment les règles urbanistiques empêchent la construction d’immeubles à plusieurs étages. L’île, dépourvue de ressources, a décidé depuis longtemps de se spécialiser dans le tourisme de luxe. Ainsi, l’homme d’affaires russe Roman Abramovich a récemment acquis 27 hectares pour 72 millions d’euros. Mais même les lieux les plus protégés, les plus exclusifs, les plus chers sont menacés. À Saint–Barth’, il y a désormais 13.000 voitures pour 9.000 habitants. Et le béton gagne, avec plus de 200 permis de construire octroyés chaque année, même si ce n’est pas pour bâtir en hauteur. Une partie des habitants s’inquiète de cette flambée immobilière et voit également une menace pour l’écosystème de l’île, dont la mangrove a déjà été bien dépecée.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité