Mafia Blues

Nucky tire sa révérence. La fin, puissante et mélancolique, d’une série portée par un casting au top.

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Quatre saisons que le bootlegger Enoch Thompson, dit Nucky, maintient à flot sa petite entreprise de trafic d’alcool et passe au travers des trahisons de ses proches, des pièges du FBI, des guerres de gangs mafieux. Le voici qui entame son dernier tour de piste dans un ultime opus réduit à huit épisodes. Un parfum de mélancolie qui imprègne ces inédits, dont la construction même annonce la fin, forcément macabre. Nous quittions Nucky en 1924 dans son fief d’Atlantic City. Nous le retrouvons sept ans plus tard à La Havane. Une longue ellipse durant laquelle la situation a changé. Le krach de 1929 est passé par là et l’abolition de la prohibition semble approcher à grand pas. L’occasion pour le gangster de se ranger des voitures en cherchant à nouer des partenariats pour l’importation, légale cette fois, de rhum Bacardi.

Pendant que Nucky songe ainsi à son futur, le téléspectateur est invité à replonger dans son passé. Une deuxième temporalité explorée en parallèle, qui nous ramène en 1884, dans l’enfance du tout jeune Enoch. Le gamin est encore tendre lorsqu’il rencontre le Commodore Louis Kaestner – son futur mentor. Mais déjà bien décidé à sortir de la pauvreté. Ses premiers choix ici révélés éclairent les motivations du truand qu’il deviendra bientôt. La série créée par Terence Winter boucle habilement la boucle. Pour l’heure, Nucky tente de retrouver les responsables d’une tentative d’assassinat dont il a été victime à Cuba; à Chicago, Al Capone est au sommet de sa gloire; à New York, Lucky Luciano œuvre à faire de même; et plusieurs personnages reviennent en force – les anciens associés devenus ennemis Chalky et Narcisse, Margaret, la femme délaissée de Nucky, et Gillian, dont le héros a salement bousillé la vie. Beaucoup de monde, beaucoup de rancœurs, beaucoup de vengeances à assouvir. Une belle et sanglante apothéose.

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