Welcome to the Jungle

Dans sa série Summer Of Scandals, Arte revient sur le parcours mouvementé des mythiques Guns & Roses. Entre riffs de génie et violence crasse.

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Avril 2016, sous le cagnard du festival de Coachella, un groupe de quinquas s’avance sur scène. Les clameurs s’élèvent de la foule, des bières trop chaudes et trop chères fendent l’air moite. Quelques notes d’un guitariste à haut-de-forme, une voix criarde, pas de doute, les Guns & Roses sont bel et bien de retour. Près de 20 ans après leur houleux divorce, Slash, Axel Rose, Duff McKagan, membres originels, ont enterré la hache de guerre et déterré le cadavre d’un des groupes les plus mythiques de l’histoire du rock. Bien sûr, l’énergie dévastatrice de la grande époque n’est plus là mais cette réunion d’anciens collègues est un événement majeur. Il faut dire que les Gunners incarnent à peu près tout ce qu’on fantasme d’un groupe de hard rock. Durant son existence, la bande a compilé les tubes (Don’t Cry, November Rain, Sweet Child O’Mine) et les mauvais clichés. Alcool, substances, sexe, annulations sauvages, procès, splits et beaucoup de violence. Les garçons n’ont jamais été des modèles mais y ont toujours été à fond, la fleur au fusil. Nés de la fusion entre Hollywood Roses et L.A. Guns, deux groupes obscurs du début des eighties, les jeunes Guns & Roses n’ont pas attendu très longtemps pour se faire remarquer. Leur premier EP Live?!*@ Like A Suicide, présenté et vendu comme un live, n’a en réalité jamais été joué sur scène, la foule ayant été incorporée au mixage. Outre ce petit mensonge, bon enfant comparé à ce qui suivra, le crew d’Axel a de vrais arguments: un leader charismatique, un guitar hero de génie, une énergie folle et un sens certain du show. Chaque soir, des strip-teaseuses accompagnent chaque riff avec une lascivité qui n’a d’égale que l’horreur des paroles vociférées. La formule est imparable et la sauce prend instantanément. Le succès est au rendez-vous – leur premier album “ Appetite For Destruction ” s’écoule à plus de 25 millions de copies – mais il n’est pas venu seul. Défoncés en permanence, les membres du groupe sombrent petit à petit pendant que leur leader mégalo pète les plombs et fracasse tout sur son passage, jusqu’à ses propres fans. Les concerts qui commencent parfois avec plusieurs heures de retard finissent souvent en émeute. Les Guns & Roses font couler l’encre et le sang et héritent du titre de groupe le plus dangereux du monde.

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