Le film du jour: Spring Breakers

Sex, Drugs & Britney Spears

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Comparse de Larry Clark, sulfureux portraitiste de l’adolescence, Harmony Korine devait avoir une petite idée derrière la tête lorsqu’il engagea sur son film Selena Gomez (photo avec, de gauche à droite, Ashley Benson, Rachel Korine et Vanessa Hudgens). Et de fait, c’est à travers son regard virginal, auquel il nous accroche tout le film durant, que le cinéaste nous fait pénétrer dans l’antre du mal: le festival annuel du Spring Break, parenthèse adolescente de sexe, drogue et alcool sur la côte californienne. Dès le départ (le braquage violent du snack pour financer le festival), on sent que cela va mal se passer. Sans cesse balancés comme elle entre fascination et malaise profond, on se sent pris dans l’étau de ce chef-d’œuvre atmosphérique, prisonnier d’un réalisateur dont le double rigolard (Franco, génial en gangsta-gourou) et extrêmement séduisant cache très bien son jeu: nous faire danser au bord du précipice. Spring Breakers est un brillantissime film de fin du monde, dont les cerbères sont des bombasses en bikini riquiqui qui écoutent de la pop acidulée de Britney Spears. On a rarement vu désespoir plus jubilatoire.  

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