Le mur le plus long

Grandiose: il n'y a pas d'autre mot pour résumer le concert-documentaire The Wall, proposé en exclusivité par Be TV.

rogerwaters

Le nouvel écran plat que vous avez acquis pour regarder l’Euro n’a pas été un investissement vain: il sera parfait admirer la superproduction Roger Waters – The Wall, à la fois concert de dingue et road-trip édifiant dans les coulisses d’une tournée exceptionnelle. Si on lâche autant de superlatifs, c’est parce qu’on a eu le bonheur d’assister au «vrai» concert par deux fois, lors de son passage en Belgique au Sportpaleis (en mai 2011), puis sur la plaine de Werchter (en juillet 2013). Et parce qu’on ne s’en est toujours pas remis. Pour résumer, on pourrait se contenter de quelques chiffres: un show qui a attiré plus de 4 millions de spectateurs, avec quelque 192 dates éparpillées sur les cinq continents. On pourrait aussi parler de la taille de la scène: le fameux «mur» pouvait atteindre jusqu’à 150 mètres de long et 12 mètres de haut, en fonction du lieu qui l’accueillait. Enfin, on pourrait simplement rappeler que l’album The Wall, sorti en 1979, avec plus de 30 millions d’exemplaires écoulés, est tout simplement le double-album le plus vendu de tous les temps.

Mais les chiffres expliquent très mal ce qui se passe devant les yeux quand le concert commence: la petite trompette du morceau In the Flesh? et les feux d’artifice, d’abord. Puis des projections vidéos qui se reflètent sur un mur en perpétuel mouvement, des avions, une pluie de bombes funeste, des marionnettes géantes sorties de nulle part, un cochon volant et, au milieu de tout cela, un chanteur qui tente de dompter ce mur immense percuté par ses cauchemars et ses souvenirs. Un spectacle total, à la fois frénétique, émouvant, macabre et déroutant, où l’on ressent à la fois toute la puissance de la musique pinkfloydienne, mais aussi la mégalomanie enfin assumée d’un Roger Waters désormais satisfait des moyens technologiques de l’époque (lors de la sortie originelle de The Wall, il avait refusé une tournée trop longue, estimant que la technique manquait pour traduire l’immensité de son oeuvre…). Au-delà du concert, c’est une passionnante exploration des backstages qui est proposée, où l’on montre la mise en place du monstre de briques, les effets déployés par les créateurs et l’agitation des équipes techniques pour faire tenir debout un show aussi fabuleux. On croise aussi Nick Mason, on reparle des démons qui ont secoué le groupe lors de l’écriture du chef-d’oeuvre et, cerise sur le mur, on écoute l’artiste évoquer la guerre qui a coûté la vie à son père. En toute humilité, à travers un pèlerinage intime sur les traces de celui sans qui The Wall n’aurait jamais été bâti…      

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