Vaux-le Vicomte, le petit Versailles

Les trois frères de Vogüé gèrent désormais Vaux-le-Vicomte, joyau architectural du XVIIe  siècle imaginé par Fouquet.

vauxlevicomte_1_france_5

Jean-Charles, Alexandre et Ascanio de Vogüé ne sont pas des héritiers comme les autres. Ils ont la lourde tâche de diriger ensemble depuis 2015 le domaine familial de Vaux-le-Vicomte, situé à 55 km de Paris. Soit 33 hectares de jardins, 500 hectares de parc clos de murs et un imposant château. Le premier propriétaire, Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, avait la folie des grandeurs. Il souhaitait, pour asseoir sa position, se faire construire un palais époustouflant. L’homme politique s’était d’ailleurs adressé à la crème de la crème: l’architecte Louis Le Vau, le peintre-décorateur Charles Le Brun et André Le Nôtre, “père” du jardin à la française. Bluffé par la beauté du lieu, le Roi-Soleil fera par la suite appel au même trio d’artistes de choc pour lui bâtir Versailles… En 1875, Alfred Sommier, riche industriel, tombe sous le charme de Vaux-le-Vicomte et l’achète aux enchères. Il entreprend alors les travaux colossaux d’aménagement et de restauration dont le domaine a grand besoin. Et transmet le virus à ses descendants qui, cinq générations plus tard, continuent de préserver ce chef-d’œuvre de l’art français le plus fastueux. Aujourd’hui, les arrière-arrière-petits-fils de Sommier ont pris les rênes de ce “monument” ouvert au public depuis 1968. Mais pour entretenir Vaux-le-Vicomte, les frères de Vogüé doivent trouver neuf millions d’euros par an! Une course au pactole qui prend des formes diverses: privatisation du château, mécénat de statues ou de mobilier, tournage de films (comme la série Versailles). Pour cinq cents euros, il est même possible “d’adopter” un des tilleuls du domaine et d’y inscrire son nom au pied de l’arbre. Il y a des manières moins charmantes de faire du mécénat.

Sur le même sujet
Plus d'actualité