Stromae, un gros joueur à Montréal

En deux heures qui feront chalouper les aficionados, Stromae démontre toute sa maîtrise d'un show d'envergure, entre changements de tenue, petits discours taillés sur mesure pour l'audience canadienne et usage malin du veejaying.

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Formidable et populaire. Tellement populaire que même un concert intégral au Centre Bell de Montréal va chercher dans les quatre millions de vues. Il faut dire qu’il ne s’agit pas tout à fait d’une jam session dans le bar du coin. Pour « Racine carrée », Stromae a sorti les gros moyens, se penchant autant sur l’emballage de ses shows (et son emballage corporel aussi) que sur le fond musical.

Le concert au Centre Bell démarre par une projection un peu folle, avec des formes animées avant de laisser la place à un Stromae au nœud papillon maigrichon, qui entame avec Ta fête, dans une version qui vire à la salsa, bien aidée par un public rodé aux paroles. C’est gagné au bout de quelques minutes: les amateurs de Stromae, des fans aux simples oreilles attentives, seront séduits. « Racine carrée », comme « Cheese », a été conçu dans le grenier de Stromae (cette fois-ci, il avait un peu plus d’argent pour l’aménager en vrai studio), mais sans doute pensé pour des live d’envergure, avec un rapport image/son scénarisé à l’extrême. Stromae enchaîne ensuite avec des morceaux comme l’excellent Bâtard, chanté avec une gestuelle bruxelloise et une belle hargne.

Entre les coups, il se permet même, devant son public en pâmoison, des petits moments de stand-up, pas forcément glorieux. « Pour qui ça ne va pas? Qu’il lève la main! », ironise-t-il. Une main se lève. « J’essaie de faire de mon mieux. Je sais pas si on peut lui remonter le moral ». Avant de se lancer dans une historiette autour d’un viandage dû à une barrière Nadar et à une mauvaise expérience autour d’un hamburger. On vous laisse découvrir la chute de l’histoire au milieu du concert.

Ce concentré de belgitude n’est pas le meilleur moment du show, il est carrément bancal, mais fait au moins le boulot de transition vers Moules frites, « sans frites et sans mayo » paradoxalement. Ça chaloupe un peu, sur des paroles à la rien à voir, et Stromae se contorsionne sur scène avant de changer de costume et d’enchaîner sur Alors on danse, et (re-changement de costume) Papaoutai. Voici qui donne un show carré, huilé et souriant, avec quelques fulgurances intéressantes, et matière à danser pour les fans. Depuis, Stromae et son épouse Coralie Barbier ont lancé sa marque de prêt-à-porter, Mosaert. De quoi se pencher encore un peu plus sur l’emballage.

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