Polanski à l’honneur

Cinéaste total

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Survivant de l’Holocauste, puis de la perte de son grand amour (Sharon Tate, qui portait son enfant, assassinée sauvagement un soir de 1969 par le mystique Charles Manson et sa secte), amoureux fou d’Emmanuelle Seigner depuis leur rencontre au milieu des années 80, jugé et condamné pour viol sur mineure de 13 ans, la vie de Polanski n’a cessé de balancer entre les portes du paradis et celles de l’enfer. Le Juif polonais peut tourner le couteau dans l’eau, on n’échappe pas à un destin aussi romanesque. Qu’il s’est efforcé de traduire dans son art, le cinéma. C’est en effet à un réalisateur majeur du 7e art qu’Arte consacre un cycle spécial cette semaine. Avec la bonne idée de diffuser l’un de ses rares semi-échecs comme La neuvième porte, film démoniaque dont le héros (Johnny Depp) est hanté par une angoisse imprécise. Une folie, une terreur, mais aussi une ironie mordante qui innerve toute son œuvre, grandiose, du pervers Répulsion au sublime et malsain La Vénus à la fourrure. Cinq films et un passionnant documentaire, c’est évidemment trop peu, mais assez pour se rendre compte du génie de l’œuvre d’un cinéaste total.

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