Cassandre, femme flic à la française

Après un pilote ayant trouvé son public, Cassandre devient une nouvelle héroïne de France 3 et une énième femme flic moulée par la télévision française…

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Dans les années 90, Julie Lescaut était une pionnière. Le pendant féminin de Navarro introduisait l’héroïne récurrente dans le genre policier à la télévision française. Des années plus tard, la série a suscité le rejet – certes, plus médiatique que populaire – pour des raisons liées à son contenu, mais aussi à son format et au diktat de la fameuse « ménagère de moins de cinquante ans ». Néanmoins, ce modèle reste une soupe servie de façon pérenne. Et notamment par France Télévisions. Candice Renoir est la Julie Lescaut des années 2010. Et Cassandre, dernière venue sur le service public, n’est autre que la sœur de Candice Renoir, qui aurait oublié d’apprendre à sourire. Eh oui, ex-patronne du 36, ce n’est pas de la blague! Comme son aînée de France 2, son parachutage rend son intégration difficile dans un petit commissariat de Haute-Savoie où règnent sexisme, jalousie et bientôt triangles amoureux.

Dans tous les cas, la progression et les variations de carrière de ces femmes flics sont dépendantes de leur situation familiale et de leur parentalité. Cassandre a tout abandonné à Paris pour renouer avec son fils adolescent en perdition sociale – la faute à maman! Outre le jeu de la culpabilisation féminine, la série, inscrite dans l’édito régional de la chaîne, pose des oppositions de fonctionnement entre la province et la capitale. L’héroïne souffre de son parisianisme dans une ville où tout le monde se connaît. Les jeux de pouvoir entre notables dépeints rappellent les nœuds narratifs préférés de Josée Dayan, qui s’épanouit sur la même chaîne. Enfin, quand la série expose les histoires familiales (thème de fiction majeur), elle rappelle carrément Cordier, juge et flic puisqu’ici tout l’appareil judiciaire est représenté par une même famille. La « nouvelle » héroïne récurrente a donc un parcours bien étriqué par les conventions sociales et le moule à la française…

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