La grande évasion

Bienvenue dans l'Opération Yellow Bird.

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Le 4 juin 1989 prend violemment fin le printemps chinois, mouvement de contestation dénonçant la corruption du régime et appelant à l’avènement de la démocratie. Une répression dans le sang suivie d’une traque policière destinée à supprimer les militants de la place Tiananmen. Des dizaines d’entre eux sont arrêtés, jugés, emprisonnés – ou tout bonnement exécutés. Mais d’autres se volatilisent mystérieusement pour réapparaître quelque temps plus tard en France. Un sauvetage dont on a longtemps attribué l’organisation à la CIA. Erreur, réplique ce documentaire qui déroule une histoire bien mal connue, racontée ici par quelques-uns de ceux qui y prirent part – à commencer par quatre dissidents chinois exfiltrés grâce à cette opération secrète baptisée Yellow Bird.

Des origines de la contestation à leur obtention de l’asile politique, cet incroyable récit rappelle notamment le rôle central de la France, premier pays occidental à accepter de s’allier aux démocrates de Hong Kong – île alors sous gouvernance britannique – et soutien initial des militants. Un engagement essentiel quand les Etats-Unis de Bush refusent d’accueillir les réfugiés pour préserver leurs échanges commerciaux avec la République populaire de Chine. Dans le sillage de Paris, d’autres pays participeront à leur tour à cette vaste entreprise digne d’un film d’espionnage, où se mêlent membres de triades chinoises, services secrets britanniques ou hommes d’Église. Vingt-sept ans plus tard, sauvés mais exilés, les dissidents exfiltrés, quant à eux, n’ont toujours pas pu revenir dans leur pays natal.

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