Harry Bosch, un flic à la page

Connelly adapte pour la télévision les aventures de son héros. Une bonne idée, mais un résultat mitigé.

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Michael Connelly, l’un des rois du polar, à la télévision: la nouvelle suffisait à assurer foule au rendez-vous. Avec plus d’une vingtaine de romans dédiés à ses enquêtes, son héros récurrent Harry Bosch y avait tout naturellement sa place. Sachant que le romancier américain s’attelait lui-même au scénario avec la collaboration d’Eric Overmyer (The Wire, Treme), les éventuelles dernières réserves se levaient. À raison? Toute à sa volonté de proposer une offre fiction plus ambitieuse qu’hier, France 3 s’est saisi de cette adaptation prometteuse, dont la première saison de dix épisodes s’inspire de trois des romans de la série des Harry Bosch: La blonde en béton, Wonderland Avenue et Echo Park. Pour les téléspectateurs non avertis, le dénommé Bosch est un ancien militaire des Forces Spéciales, désormais inspecteur dans la police de Los Angeles. Un flic de la catégorie (déjà ultra-fréquentée) « impulsif, sombre et taiseux », flanqué d’un passé pas facile, facile. Si impulsif que lorsqu’il tue un suspect en fuite dans la séquence d’ouverture, son chef soupire d’un air las: « Bon sang Bosch, encore un?! »

Dans le collimateur d’une partie de sa hiérarchie, le lieutenant est poursuivi en justice pour homicide. En attendant le verdict d’un procès qui verra resurgir les fantômes de son enfance chaotique, Harry (incarné ici par Titus Welliver, ancien de Deadwood et Lost) enquête sur la découverte du cadavre d’un garçon, enfant battu, tué quelque vingt années plus tôt. Du glauque, qui n’aidera guère le solitaire quinquagénaire à oublier ses traumatismes passés. Plutôt sobre et soignée, l’adaptation tient la route, mais la suit à vitesse de croisière. La trame des intrigues restant elle-même très classique, on ne s’emballera pas outre mesure pour cette série qui manque de singularité et prend un peu trop son temps.

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