Libres dans leur tête

En analysant les artistes, Franck Ferrand tente de mettre des mots sur l’idéologie de la génération baby-boom.

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En 1973, quand Ça balance pas mal à Paris, l’un des plus grands couples mythiques de la chanson française se rencontre. Un an plus tard, Michel Berger écrit sa Déclaration d’amour à France Gall. Ensemble, ils chanteront pour ceux qui, devant leur poste de télévision, se façonnent à leur image. Et c’est toute une population qu’ils emmènent, au travers de mélodies et de textes inscrits à jamais dans l’inconscient collectif.

Avant de succomber à son charme, France Gall tombe d’abord amoureuse de sa musique. Au-delà de sa grande sensibilité, l' »auteur-compositeur-chanteur » est avant tout humaniste. À propos de cette nouvelle génération, il déclare: « Tout vient de l’héritage qu’on nous a laissé. Nous avons la bombe atomique au dessus de nos têtes, les pays du tiers-monde accrochés à nos basques, et vous vous étonnez que nos chansons soient tristes. » Elles résonnent toujours, et les temps n’ont pas tellement changé en fin de compte. Dans une époque libre et insouciante, le duo a aussi témoigné un véritable engagement à travers ses voyages (en Afrique ou en Asie) et ses projets. Le résultat est sans appel: des tubes à la pelle en vingt ans de collaboration.

Aujourd’hui, il ne reste que la groupie pour parler du pianiste disparu des suites d’un arrêt cardiaque en 1992. Leur objet de transmission, la musique, vecteur culturel puissant, reste quant à lui intact. En retraçant le parcours de deux forces motrices, ce genre de document permet intelligemment de comprendre l’art au travers de l’histoire. Et inversement.

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