La seconde main a la cote

Second life

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Il y a trente ans, le fait de porter des vêtements de seconde main était un secret honteux, que l’on préférait taire aux yeux du monde. Comme souvent en mode, le phénomène s’est inversé. Là où les Converse All Star, chaussures d’ouvriers, sont devenues un indispensable (fort cher) dans de nombreuses garde-robes, la seconde main est devenue preuve de bon goût – surtout dans le milieu bobo. Non seulement c’est écolo mais en plus, c’est fashion. Parce que ce qui est vieux est beau, même si c’est moche. Plus sérieusement, le documentaire de ce soir se penche sur la deuxième vie des vêtements. En partant d’un constat très simple: une Française achète en moyenne 30 kilos de vêtements par an. Chaque année, nos voisins jettent l’équivalent de 442 millions d’euros de fripes. Pourtant, les occasions de recycler sont nombreuses.

Un véritable commerce s’est développé autour de la seconde main en général, de la récupération de vêtements en particuliers. Dans les rues, les bennes de collecte sont de plus en plus nombreuses. Sur Internet, les sites spécialisés brassent des sommes impressionnantes tandis que les entreprises références en la matière – du tri à la revente – se frottent les mains devant des chiffres d’affaire mirobolants. Le don de vêtement, acte de bonté individuel il y a quelques années, est devenu participation à une certaine industrie. Qui se développe chaque jour, puisque l’on transforme aujourd’hui d’anciens vêtements en neufs et que l’on parle de fringues « zéro déchet ». Évidemment, cette nouvelle économie n’a pas que de bons côtés: la monétisation de ce qui était autrefois gratuit (ou presque) a profondément modifié un système basé sur la solidarité et l’entraide. Peut-on parler de cynisme pur? France 5 répond partiellement à cette question dans un très bon document. De quoi susciter la réflexion…

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