Four centuries of slave

En 1848, la France mettait un terme à quatre siècles d’esclavage dans ses colonies. Une page d’histoire à relire.

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Si d’aucuns estiment que Paris pèche par excès de commémorations, c’est aussi parce que certaines d’entre elles peinent à résonner aux oreilles de tous. La transmission réclame de bons émetteurs et la télévision sait parfois les fournir. Cette semaine par exemple, à l’occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, célébrée en France le 10 mai en référence au jour où le pays a déclaré ces pratiques « crimes contre l’humanité » – une position unique dans le monde. France Ô en profite pour réserver sa première partie de soirée à la série canadienne The Book of Negroes et le téléspectateur serait bien inspiré d’en faire autant.

Adaptée du livre de Lawrence Hill, cette fresque âpre et romanesque suit le long périple d’Aminata, arrachée enfant à son village malien pour être vendue en Caroline du Sud. Plantée dans l’Amérique de la fin du XVIIIe siècle, la série se déroule donc au plus fort du trafic négrier, mis en place au XVe siècle entre l’Europe, l’Afrique et le Nouveau Monde. Une époque marquée par la guerre d’indépendance entre Américains et colons anglais et ses conséquences pour les Noirs: ceux d’entre eux qui avaient soutenu les forces britanniques furent inscrits sur un registre, The Book of Negroes, et autorisés à rejoindre la Nouvelle-Écosse pour y vivre libres.

Incarné avec force et conviction, le récit s’inscrit dans la lignée de la série Roots et apporte un précieux éclairage sur un épisode méconnu de l’esclavage. L’on vous conseille également de vous attarder devant le docu-fiction Bois d’ébène de Moussa Touré (La Pirogue en 2012), rigoureuse illustration du commerce triangulaire au début du XIXe et sur le documentaire Trop noire pour être française?, implacable démonstration de la permanence des stéréotypes et des discriminations.

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