Le Seigneur des tunnels

Joaquín Guzmán, l’un des plus grands criminels de l’histoire, est également l’un des plus fascinants.

 

elchapo_2_isopix

Visage avenant, regard franc, Joaquín Guzmán, alias El Chapo, a le physique du voisin sympa. Celui à qui on demanderait de nourrir le chat pendant nos vacances. La preuve s’il en faut que les apparences sont trompeuses: l’homme est à la tête du plus grand réseau de narcotrafiquants de l’histoire. Et, comme souvent dans le milieu, il n’est pas arrivé au sommet sans se salir les mains. Fils d’agriculteur mexicain, Joaquín a très rapidement grimpé les échelons de son cartel, celui de Sinaloa. Impitoyable et doté d’un énorme sang-froid, il a gagné la confiance de ses supérieurs avant de prendre la relève, écrasant toute concurrence. Mais, loin de la gestion – parfois extrêmement violente – de ses affaires, Joaquín Guzmán est devenu une légende, célébrée un peu partout au Mexique. Des centaines de chansons vantent ses mérites tandis que ses admirateurs ne se cachent pas, allant jusqu’à lui décerner le titre de fierté nationale!

Erigé au rang de mythe depuis ses deux évasions de prisons de haute sécurité dont l’une grâce à la construction d’un souterrain (sa maîtrise en la matière lui a valu le surnom de « Seigneur des tunnels »), le Mexicain alimente une image de bon père de famille et de donateur généreux qui mène une vie de star de cinéma. Le magazine Forbes lui a même offert une place de choix dans son classement des hommes les plus riches du monde. Mais, derrière le « people » Joaquín Guzmán, se cachent des vérités dérangeantes. L’hégémonie de son organisation criminelle s’explique notamment par de la corruption à tous les niveaux et la complicité (plus ou moins volontaire) des gouvernements mexicain et américain. El Chapo est surtout un symbole: celui d’un cartel qui ne semble pas inquiété depuis deux décennies. A qui la faute? Les réponses fournies par l’excellent documentaire de ce soir ont de quoi inquiéter…

Sur le même sujet
Plus d'actualité