Le coq et la marguerite

Charles Pathé, Léon Gaumont: les premiers géants du cinéma

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Le coq, c’est Pathé. La marguerite, Gaumont. Deux logos intemporels, synonymes de cinéma. Mais avant d’être des marques, Pathé et Gaumont avaient un prénom: Charles, parti de rien et soucieux d’arriver à tout, et Léon (photo), visionnaire passionné de technique. Un génie des affaires d’extraction populaire et un travailleur appliqué issu d’un milieu bourgeois. Le premier surfe sur le succès du phonographe d’Edison, le second sur celui des projecteurs, très en vogue depuis la présentation des frères Lumière à l’Exposition universelle de 1900. A l’aube d’un XXe siècle qui sera celui du progrès, les deux Français se lancent alors dans une course folle pour développer, moderniser, démocratiser le cinématographe naissant. Une activité mineure tout d’abord, souvent proposée lors de spectacles forains à un public populaire.

Charles Pathé, qui travailla dans les foires, sait vendre ce plaisir nouveau à des spectateurs dont il sent les attentes. Léon Gaumont, lui, conscient que le film reste pour les bourgeois un passe-temps d’illettrés, tente de les séduire en synchronisant le son et l’image grâce au chronophone – sorte d’ancêtre du play-back. Dès lors, chaque trouvaille, chaque initiative de l’un fait dégainer l’autre, dans une surenchère qui transforme le loisir artisanal de niche en industrie pour tous: les premières salles de cinéma, les journaux filmés, le métier de distributeur, les couleurs naturelles, les films à épisodes… Une série d’inventions qui raconte tout à la fois la détermination de deux hommes décidés à s’imposer et l’histoire du cinéma. Une histoire passionnante, où se croisent Georges Méliès, génie copié puis oublié, Alice Guy, première réalisatrice au monde, Max Linder, l’aîné des vedettes du cinéma international ou le cinéaste Louis Feuillade, talentueux père des Vampires – et d’Irma Vep, mère de toutes les vamps…

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