Dur, dur, la vie d’espion

Mathieu Kassovitz se glisse avec talent dans la peau d'un espion français.

bureaulegendes_1_doc

Quelque part à Damas, Paul et Nadia vivent une histoire de couple assez classique. Adultérine, peut-être, mais pleine d’amour. Alors, quand le premier quitte la seconde pour des raisons obscures, elle ne comprend pas. Les téléspectateurs ont heureusement droit à une explication plus plausible que « j’en ai besoin ». Paul s’appelle en réalité Guillaume. Il appartient à la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), plus précisément au « Bureau des légendes ». Sous cette appellation glamour: des agents chargés de s’intégrer dans la population sous de fausses identités, et de repérer les personnes susceptibles de leur fournir des infos cruciales. Des espions recruteurs d’espions en somme. Paul n’a pas quitté Nadia par désamour, sa mission a pris fin. Ce divorcé, père d’une ado qu’il n’a pas vue grandir, doit rentrer à Paris en laissant derrière lui six ans de sa vie. Mais il n’est pas si simple d’oublier. Et quand Nadia débarque en France, les choses se compliquent. D’autant qu’une autre « légende » est portée disparue…

Be TV diffuse d’une traite la première saison du Bureau des légendes (la suite est déjà prévue), qui se penche avec brio sur la vie schizophrène des espions – solitaire et bien moins sexy que celle de James Bond. La fiction est extrêmement bien documentée puisque les auteurs ont consulté des professionnels, et le scénario s’appuie sur le fonctionnement effectif de la DGSE. Cette minutie se sent à chaque scène et offre un éclairage réaliste sur un métier peu connu. Ajoutons que Mathieu Kassovitz fait ici du très bon travail, et l’on obtient une série de choix pour les amateurs du genre.

Sur le même sujet
Plus d'actualité