Après la guerre, la guerre

Entre migrations, violences et affrontements, retour sur les cinq années qui ont suivi la victoire de 1945.

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Avec des millions de réfugiés fuyant l’Afrique, le Proche-Orient ou l’Asie centrale, le monde affronte aujourd’hui la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Un constat qui ramène le documentariste David Korn-Brzoza, déjà auteur de La chute du Reich, à l’heure des années noires de l’Europe. Ou, plus exactement, juste après: lorsque la victoire des Alliés laissait entrevoir de beaux lendemains qui ne naquirent jamais. Bien sûr, les enjeux étaient aussi énormes que nombreux – reconstruire les villes détruites, faire face à la pénurie alimentaire, soigner les nombreux malades, accueillir ceux qui avaient été déplacés, exhumer les charniers… Mais surtout, la paix n’est pas plus aisée que la guerre.

Faisant habilement parler des images d’archives (dont certaines inédites), le réalisateur pointe le retour difficile de prisonniers devenus parfois des étrangers pour leur famille, l’errance des enfants orphelins à la recherche de leurs parents. Et les haines, toujours vivaces. Contre les Juifs, qui subissent les pogroms en Europe de l’Est ou se retrouvent empêchés de rejoindre la Palestine, ramenés en Allemagne par des Britanniques qui, à leur tour, les internent dans des camps. Contre les femmes accusées de collaboration horizontale, tondues jusqu’en 1946. Et contre les Allemands qui font les frais d’un désir obsessionnel de vengeance – viols et exécutions. Décortiquant les événements qui ont jalonné l’immédiat après-guerre, David Korn-Brzoza souligne ainsi les répliques du séisme qui, malgré les progrès démocratiques et sociaux (le vote des femmes, la Sécurité sociale, la création de l’ONU…), continuent de secouer le monde. Un monde où l’ami d’hier devient l’ennemi et l’ennemi d’hier un nouvel ami: l’Occident contre l’URSS de Staline. La peste rouge après la peste brune.

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