Fanfiction, une suite non officielle

Quand les histoires "secondaires" deviennent parfois plus puissantes que le roman original.

fanfiction3_france4

Voraces, les fans ont souvent envie d’une suite à leur saga préférée. Désormais, à défaut du volume qui leur manque, quand la fin d’un roman leur déplaît ou qu’ils souhaitent simplement laisser leur imagination animer un univers existant, ils se mettent au clavier. On appelle leurs histoires de la « fanfiction ». Déjà auteur d’une exploration digitale sur le sujet pour Nouvelles écritures, Emmanuelle Debats poursuit, en documentaire, sa mise en lumière du phénomène.  

De tout temps, nombre d’auteurs classiques ont emprunté à la mythologie (entre autres) pour créer des productions semblables mais, nourri à la pop culture contemporaine et conscient de ses nouveaux outils, le procédé a pris une tout autre ampleur. La nouvelle arme: Wattpad, une plateforme d’autopublication en ligne associée à une communauté forte qui sans cesse lit, commente, ajuste. C’est là qu’est né le best-seller After d’Anna Todd, qui mettait à l’origine en scène le groupe One Direction, et se fraya sur les tables des libraires une place presque aussi belle que Cinquante nuances de Grey (originellement dérivé de la série de vampires Twiligt).

A l’image de Jacqueline Lichtenberg, qui fit revivre Star Trek en fanzine, on trouve souvent des femmes derrière ces récits. Romances, porno soft et liaisons homosexuelles entre deux personnages présentés comme hétérosexuels à l’origine font partie des motifs récurrents. « La fanfiction a montré aux éditeurs ce que les femmes voulaient lire » assure le duo d’auteurs caché sous le pseudo Christina Lauren (Beautiful Bastard). La fanfiction semble également avoir réintroduit le roman dans les caddies des supermarchés – et prouvé à de nombreuses personnes, hermétiques a priori à toute forme de littérature, qu’elles pouvaient aimer lire.

Plus d'actualité