Enfant, bail de courte durée

Votre enfant adopté fait de moins beaux sourires qu’un acteur de pub Nestlé? Renvoyez-le!

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« Kenza cherche une nouvelle famille pour la vie, nous ne pouvons plus prendre soin d’elle ». « Nous souhaitons nous débarrasser définitivement de Tom, il a 7 ans. Tarifs préférentiels ». Vous avez bien compris, il n’est pas question de perruche ou de chat, mais d’enfants. Adoptés une première fois (ou plus), ils se retrouvent à nouveau sans foyer car leurs parents adoptifs ont changé d’avis. Nés au mauvais endroit, ils pensaient grandir dans de meilleures conditions et se retrouvent à défiler lors de grandes foires de l’adoption. Ils passeront des semaines « à l’essai » dans plusieurs familles, dans l’espoir de s’en trouver une vraie…

Ils seraient 25.000 chaque année, aux Etats-Unis, à se retrouver sur le marché du « rehoming ». Cette démarche dispose même d’un cadre légal au pays de l’Oncle Sam. Et pour les parents qui ne souhaitent pas payer quelques milliers de dollars à une association et passer devant un juge pour que celui-ci approuve la nouvelle adoption, il y a Internet. Des sites complets sont dédiés à ces trocs de mineurs. Pas de vérification des antécédents des personnes en quête d’enfant ni d’inspection des conditions d’accueil. Trop contents de se débarrasser du « problème », certains parents déçus retournent leur protégé avec moins de décorum que quand ils déposent leur smartphone en réparation.

Entre des familles qui semblent recomposées pour le meilleur, une association qui vient en aide aux parents pour permettre une arrivée harmonieuse de l’enfant dans son nouveau foyer, des camps de rééducation pour mineurs adoptés et le procès d’un couple qui faisait son marché sur les sites de rehoming en quête de proies, le reportage montre les multiples visages d’une pratique consternante.

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