Hors-champ

Peut-on vivre sans laisser de trace numérique et échapper à toute surveillance? Alexandra Ranz a fait le test.

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« Je suis une citoyenne française, je n’ai commis ni encouragé aucun crime, délit ou acte de terrorisme et pourtant ma vie entière peut être surveillée et analysée, comme la vôtre. » Tel est le point de départ glaçant qui nous emmène dans les coulisses d’une expérience radicale de plusieurs mois. Alexandra Ranz aime clairement être vue des caméras, mais pas de celles qui sont braquées sur nos vies en permanence. Elle a donc tenté de disparaître des radars, de devenir invisible. Dans un monde post-révélations de Snowden sur la NSA, elle a été interpellée par un projet de loi français (voté ensuite) sur la surveillance des communications. Elle est partie à la rencontre de spécialistes internationaux pour mesurer la taille de la brèche ouverte sur notre intimité et trouver le mode d’emploi de l’ »invisibilité ». Certains trouvent des réponses dans les logiciels libres. D’autres créent masques en papier, maquillage, coupes de cheveux et parapluies censés perturber les caméras de surveillance. Tous, avec un degré d’inquiétude variable, tentent de reconquérir un espace de vie privée.

Adieu cartes de fidélité, comptes sur des réseaux sociaux, mais aussi téléphone portable et mails. Bonjour partage de fichiers sauvage via Deaddropps, bons vieux plans de ville en papier, appel depuis les cabines téléphoniques et détresse sur le trottoir face à un digicode d’immeuble oublié. La réalisatrice finit (très brièvement) cheveux au vent, coupée du monde, à mille lieues de sa vie de trentenaire connectée. Ne vous inquiétez pas, « tout est rentré dans l’ordre ». Si la réalisatrice appelle à une prise de conscience et un sursaut citoyen collectif, la photo où Alexandra Ranz se cache des caméras durant l’enquête lui sert désormais d’image de profil LinkedIn

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