Homeland, pas de répit pour les braves

Une saison inédite risquée qui tente de réinventer la série d'espionnage.

homeland_1_betv

Impossible pour eux de reproduire les mêmes erreurs. Après avoir été vertement critiqués au moment de la troisième année de leur feuilleton, les producteurs américains de Homeland ont bien compris qu’il leur fallait à présent systématiquement renouveler leurs intrigues. Quitte à toucher au concept initial, adapté en 2011 de la série israélienne Hatufim, comme c’est le cas en cette cinquième salve. Jusqu’alors, on s’intéressait surtout aux menaces terroristes encourues par les États-Unis. Comme quand l’agent de la CIA Carrie Mathison (Claire Danes) cherchait à démasquer les motivations du sergent Nicholas Brody (Damian Lewis), revenu outre-Atlantique après avoir été otage en Irak. Mais tout ça, c’est du passé.

Dans ces inédits, exit les USA. Carrie, qui entend refaire sa vie, ne travaille plus pour son gouvernement. Relocalisée en Allemagne, l’ancienne espionne a emménagé à Berlin et profite de sa fille Franny. Mieux, elle s’est même trouvé un nouveau compagnon, en la personne de l’avocat Jonas Happich (Alex Fehling), dont la personnalité est à l’opposé des types qu’elle avait pu fréquenter auparavant. Côté job, elle est responsable de la sécurité d’Otto Düring (Sebastian Koch), un philanthrope. Mais très vite, elle va se retrouver en danger, alors que des documents confidentiels ont été dévoilés au grand jour. On y découvre notamment que les Amerloques ont espionné le pays de Goethe… Si cette nouvelle histoire inclut ici et là des références et des personnages liés aux mouvements islamistes, cette fois-ci, pas question pour Carrie de sauver le monde. Car dorénavant, c’est elle qui se situe dans la ligne de mire. De quoi bouleverser l’ADN de la fiction, donc.

Pour plus de véracité, ces chapitres ont été réalisés dans la capitale allemande. C’est d’ailleurs une grande première pour une production US. « On voulait de l’authenticité », se justifie Alex Gansa, l’un de ses pontes, qui n’a pas choisi l’Allemagne par hasard. « Les lois qui y encadrent le respect de la vie privée sont plus strictes. Il est difficile d’y surveiller quelqu’un. Il y a également le fait qu’on est aux portes de la Russie, alors que la dangerosité de Poutine est de plus en plus soulignée. Et bien sûr, Daesh recrute aussi des combattants dans le coin. » Si l’ensemble a véritablement gagné en réalisme, la série a perdu une partie de cette intensité qui en faisait le charme. Elle n’en reste pas moins d’excellente facture.

Sur le même sujet
Plus d'actualité