La controverse japonaise

Le procès censé condamner les responsables de la guerre dans le Pacifique après 1945 est entaché d'irrégularités…

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Août 1945. Après les tragédies de Hiroshima et Nagasaki, le Japon capitule, mettant fin à la Deuxième Guerre mondiale. Le pays est sous le choc: l’empereur Hirohito, souverain de droit divin, a accepté que les Américains se chargent de la transition politique. Le Japon n’a pas le choix, il deviendra une démocratie. Mais pour assurer la crédibilité du nouveau régime, il faut officiellement condamner l’ancien. Et surtout les terribles actes de guerre commis depuis 1941. Les grandes puissances mondiales décident que les responsables de la guerre du Pacifique seront jugés à Tokyo, devant le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient. Une initiative qui évoque le procès de Nuremberg, où les 24 principaux responsables du IIIe Reich encore en vie ont été jugés.

Très vite, le futur procès pose problème. Les Américains exigent qu’on se penche sur les responsables du régime depuis 1931 et non, comme beaucoup l’imaginaient, sur les organisateurs de l’attaque de Pearl Harbor. Ce sont donc seize gouvernements que l’on remet en cause… Pourquoi ne pas se contenter de l’Empereur, seul dirigeant en place durant toute cette période? Parce que, selon des études sur le terrain, toucher à la personnalité vénérée par les Japonais empêcherait la transition démocratique. Hirohito ne sera donc pas traduit en justice. Vingt-huit personnalités de l’ancien régime comparaîtront devant le Tribunal de Tokyo. Mais, du choix des juges au processus de délibération en passant par l’application des peines, rien ne se passe comme prévu. L’histoire retiendra un procès extrêmement controversé, bien loin du cadre strict de Nuremberg, qui, s’il est mal connu en Europe, a marqué le Japon et plus largement le continent asiatique.

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