Rock’n’roll attitude

Que n’a-t-on pas déjà dit sur Johnny? La blessure de l’abandon paternel, les fulgurants débuts sur scène à 17 ans, les amours, les déprimes…

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On a dit beaucoup sans toujours parvenir à expliquer pourquoi l’ex-star des yéyés reste, plus de cinquante ans plus tard, LE rockeur français (même s’il est à moitié belge), le « taulier », le cow-boy iconique que les fans et les journaux s’arrachent. Les amoureux de la première heure comme ceux qui l’estiment ringard en conviennent: quoi qu’on pense de l’homme, c’est une sacrée bête de scène, dont les nombreuses archives exhumées par ce documentaire restituent l’énergie brute. Un peu chien fou dans ses jeunes années, plus poseur avec l’âge – il maîtrise, il le sait, il le montre. C’est un pro qui a vite appris. Auprès de son cousin par alliance et père de substitution, Lee Hallyday, un danseur américain. Auprès des grands comme Charles Aznavour qui lui écrit Retiens la nuit ou Maurice Chevalier, qui lui conseille de soigner ses entrées. Il les soigne si bien que ses concerts relèvent aujourd’hui du spectaculaire. Pourtant, la timidité et les failles du showman intriguent presque plus. Aux images de scène se superposent en effet nombre d’interviews de Johnny, réalisées à divers âges, où la star exprime à demi-mot la solitude du chanteur, les coups de cafard, l’importance d’une vie de famille qu’il ne parviendra à construire que sur le tard. Un Johnny plus personnel, à l’image de son dernier opus, « De l’amour », couronné meilleur album de chansons aux dernières Victoires de la musique. Une raison du succès?

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