Les bébés de la thalidomide

Inspiré de faits réels, un bouleversant téléfilm sur l’un des plus grands scandales sanitaires du XXe siècle.

effetssecondaires_1_arte

Les années 50 fleurent bon la réussite pour Paul Wegener: l’avocat inaugure un nouveau cabinet avec son ami et associé Horst, les affaires promettent d’être florissantes et sa femme Vera attend leur premier enfant. Quelques mois plus tard, le rêve tourne au cauchemar. La petite fille que découvre Paul à la maternité n’a qu’une jambe, et pas de bras. Lorsqu’il trouve dans la pharmacie de sa femme une boîte de Contergan, un médicament « inoffensif » prescrit à Vera pour ses insomnies, l’hypothèse de la toxicité du sédatif se fait jour. Poussé par son épouse, Paul décide de fouiller plus avant et se heurte aussitôt à l’opposition de Horst: la firme qui produit le Contergan est étroitement liée aux principaux clients du cabinet. Lancé seul dans un inégal combat pour la vérité, David contre Goliath voit alors son associé le quitter, ses affaires péricliter et son couple battre de l’aile, mis à mal par les innombrables tentatives d’intimidation de la société incriminée.

Si le parcours de Paul et Vera relève de la fiction, leur tragédie, elle, fut bien réelle: les « bébés de la thalidomide » – du nom de la molécule utilisée – ont bouleversé l’Allemagne de la fin des années 50, ainsi que la Belgique, la France, et la quarantaine de pays dans lesquels le médicament a été mis sur le marché. Déclaré responsable de malformations chez plusieurs milliers d’enfants et finalement interdit, la thalidomide fut au cœur d’un des plus grands scandales de santé publique du XXe siècle. Une tragédie habilement reconstituée dans ce téléfilm en deux parties, dont la Chemie Grünenthal, la société pharmaceutique allemande qui commercialisa le Contergan, a voulu interdire la diffusion. Heureusement, pour un public jamais trop informé comme pour l’œuvre elle-même, percutante sans verser dans le pathos, leur vile tentative est restée vaine.

Sur le même sujet
Plus d'actualité