Dépression dans le cockpit

L'état mental d’Andreas Lubitz est-il le symptôme d'un système au bord de la rupture?

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Le 24 mars 2015, à 9h41, l’avion du vol 9525 de la Germanwings, reliant Barcelone à Düsseldorf, se crashe dans les Alpes françaises. L’accident fait 150 morts. Les médias s’interrogent très vite sur un possible acte terroriste, mais les faits révèlent que le copilote responsable était dépressif. Pour le public comme pour les chefs d’Etat, le choc, la tristesse, le recueillement font place à la consternation. Ce contexte suicidaire est rare, mais pas inédit. Un an après la catastrophe, Pièces à conviction enquête et pose la question: faut-il un pilote dans l’avion?

L’investigation des journalistes du magazine de France 3 aurait sans doute mérité davantage de réponses, mais ni la compagnie allemande Lufthansa, ni les médecins, ni les proches du copilote ne veulent s’exprimer. On n’apprend, ici, rien de plus que ce que l’on sait déjà. A savoir qu’Andreas Lubitz, 28 ans, souffrait d’une grave dépression et qu’il n’en avait pas informé son employeur. Restent les failles et les dysfonctionnements d’un système. Le suivi médical physique et psychologique des pilotes de ligne se fait sur la base d’un questionnaire, qui repose simplement sur la bonne foi du patient. Une législation européenne permet de plus aux pilotes d’effectuer leur visite médicale dans un autre pays de l’Union que celui auquel ils sont rattachés. Et les instances peuvent s’inquiéter de ces « visites médicales à la carte » car, en l’absence de fichiers centralisés, les médecins n’ont pas nécessairement accès aux antécédents médicaux des pilotes venus chercher la validation de leur licence.

Quand les restructurations économiques d’un système où démocratisation du transport aérien rime avec profits, low cost et « pay to fly » pour les jeunes pilotes, c’est l’apparition du burn out pour une profession soumise au stress. Et d’autant de préoccupations inquiètes quant à la mise en danger possible de passagers. L’erreur est humaine. La machine va-t-elle définitivement prendre les commandes du cockpit? Sommes-nous prêts à ne plus nous demander s’il y a un pilote dans l’avion?

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