C’est la crise

Un casting et une distribution en or pour une comédie qui peine à convaincre.

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N’est pas Veep qui veut. Après la réussite de son vaudeville (dans lequel on suit les tribulations d’une politicarde loufoque incarnée par Julia Louis-Dreyfus), la chaîne câblée HBO espérait surfer sur la vague de ce succès en proposant l’an dernier une nouvelle fiction dans la même veine. Mais pas question cette fois-ci de s’attaquer aux arcanes de la politique intérieure américaine. Car The Brink s’intéresse de près aux relations délicates qu’entretiennent les États-Unis avec le Pakistan. En forçant évidemment le trait, dans une production qui s’amuse allégrement à détourner les codes établis par les Homeland et autres 24 heures chrono.

L’intrigue démarre alors qu’un coup d’État militaire a lieu dans ce pays aux portes du Moyen-Orient. Dépassé par les événements, le président des USA (Esai Morales, La bamba) ne sait quelle position adopter face à ce qui pourrait déclencher une Troisième Guerre mondiale. D’autant plus que ses lieutenants ne parviennent pas à se mettre d’accord. Si le secrétaire d’État (excellent Tim Robbins, dans son premier rôle récurrent dans une série) prône le dialogue, le secrétaire à la Défense (Geoff Pierson, Dexter) veut purement et simplement détruire les installations nucléaires de la nation. Pendant ce temps-là, à Islamabad, Alex Talbot (Jack Black, Rock Academy) – un sous-doué de l’ambassade américaine – est le témoin de ce putsch… Avec son casting en or, le feuilleton pouvait afficher de grandes ambitions. Mais le scénario ne réussit jamais vraiment à décoller. La faute à des gags qui ne font pas mouche, malgré l’incessant cabotinage des acteurs. Brouillonne et peu attachante, la série n’a d’ailleurs pas survécu à sa première salve de dix épisodes. Bref, une satire politique trop ancrée sur la forme, et qui, de fait, touche rapidement le fond. Rageant!

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