De la fierté mal placée

Bruno Solo incarne un procureur intransigeant. Vite rattrapé par sa propre lâcheté.

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Paul Berthier (Bruno Solo) est l’un des procureurs les plus efficaces de Charente. L’homme fait appliquer la justice avec sévérité et impartialité. Il est admiré par ses pairs et adoré par le public. Ce qu’il exige des jurés, il l’obtient. Bref, tout semble rouler pour l’ambitieux personnage. Ses détracteurs le jugent cependant sans pitié, même quand les circonstances ne l’exigent pas. Pire, il est incapable de regarder en face les accusés qu’il fait condamner. Par manque de compassion, disent les uns. Par lâcheté, avancent les autres. Toujours est-il que, sans trop en dévoiler sur l’intrigue, le procureur se trouve confronté à ses propres contradictions lors de la disparition d’une reine de beauté locale. Paul Berthier devra faire la part des choses entre la vérité, la pression populaire (en évitant la prison à un innocent) et les manœuvres de notables. Surtout, il devra affronter sa crainte de perdre la face…

Téléfilm à l’ambiance cynique, La face est porté par un prestigieux casting – on retrouve notamment Julia Faure (Camille redouble) et Hippolyte Girardot (Le capital). Et, malgré quelques longueurs et situations surdramatiques, on ne peut s’empêcher de suivre avec intérêt la fiction, les sourcils froncés et le regard accusateur. L’intrigue est pertinente et ce n’est pas une surprise: elle est sortie de l’imagination de Pierre Boulle. L’écrivain est également l’auteur du Pont de la rivière Kwaï et de La planète des singes. La face avait d’ailleurs déjà été adapté en télévision: le roman avait fait l’objet de deux téléfilms, dans les années 50 et 60. Cinquante ans plus tard, cette nouvelle production ne risque pas de sonner redondant. Par contre, si vous cherchez un moment léger, passez votre chemin…

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