Baromètre des ventes

En analysant la météo-sensibilité, les prévisionnistes font la pluie et le beau temps auprès des commerçants.

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Sale temps pour les chaussures fourrées. Depuis l’automne, elles restent en rangs serrés dans les rayons comme de grands timides un jour de bal. La cause du désamour? Un hiver « trop » doux. N’en déplaisent aux fans de Ugg, quand son cerveau n’est pas parasité par des orteils frigorifiés menaçant de faire sécession, l’humain ne dirige visiblement pas son choix vers des chaussons d’extérieur poilus. Il n’ira pas non plus spontanément vers les appareils à fondue en pleine canicule ou les gels douche effet glaçon en décembre. Logique. Mais la météo-sensibilité est bien plus étendue que ne le laisse entendre le simple bon sens et elle est surtout utilisée par les commerçants, aidés d’experts en intelligence climatique.

Ces experts peuvent par exemple chiffrer le désarroi des bottines fourrées: par degré au-dessus de la moyenne de saison, ce sont 4 à 5 % de leurs congénères qui vieilliront sous un néon plutôt que de gambader sur les trottoirs verglacés. Dans les allées de supermarchés, le chocolat est empereur incontesté jusqu’à 15°C. A 20°C, un coup d’Etat éclate; les chips prennent le pouvoir pour accompagner les pique-niques tandis qu’au-delà de 30°C, l’alcool est en exil, loin des caddies. L’enjeu de la prévision est donc de taille: ajustement du volume de production pour éviter pertes et rayons vides, mise en avant des bons produits sur les sites d’e-commerce…

Les prévisionnistes influent jusque sur le cours des matières premières qui pèsent de plus en plus lourd dans l’économie mondiale (au point, disent certains, de causer des révolutions). La prochaine fois que vous déploierez votre parapluie en grognant, pensez au pâtissier qui écoule bien mieux ses délices par temps gris et à votre dévoué libraire pour qui été pluvieux rime avec été plus heureux.

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