Fifa, quand l’empire s’effondre

Andrew Jennings, qui enquête depuis quinze ans sur la Fifa, nous révèle les dessous pourris de l'instance suprême du football mondialisé.

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A 72 ans, Andrew Jennings ressemble simplement à un Britannique souriant, dévolu à sa retraite dans sa ferme rénovée de Cumbria, à la frontière de son Écosse natale. Il ne faut jamais se fier aux apparences. L’homme est en réalité un poil à gratter hyperactif qui ne cesse de tourmenter les nuits de Sepp Blatter, son cadet de sept ans, jusqu’il y a peu indéboulonnable patron du football mondial. Depuis quinze ans, Jennings enquête sur la corruption au sein de la Fifa, après une carrière de journaliste d’investigation qui l’a mené de la Tchétchénie à la privatisation du rail. Jennings a notamment dénoncé la corruption de Ricardo Teixeira, ancien président de la Fédération brésilienne de football, et gendre du sulfureux João Havelange, ancien boss de la Fifa avant Blatter. Teixeira a dû démissionner en 2012. Mais Jennings a aussi mordillé les mollets douteux d’autres poids lourds, à commencer par Blatter lui-même, qui a permis à cette crimininalité en col blanc de perdurer dans l’institution.

Le documentaire La Fifa, Blatter et moi offre de nouvelles révélations de la part de Jennings, alors qu’en ce mois de février Blatter, mis en examen par la justice suisse, s’apprête à donner sa version des faits en appel de sa suspension pour huit ans. Un mois crucial pour l’institution puisque, le 26, un nouveau président doit être élu. Jennings nous dévoilera notamment l’ampleur de la corruption pour l’attribution de la Coupe du monde au Qatar tout en dénonçant l’omerta qui règne encore à la Fifa, dont il est banni de la moindre conférence de presse depuis douze ans. Une plongée férocement documentée dans un amas a priori inextricable et durablement ancré de conflits d’intérêts, de népotisme, de pots-de-vin et de laisser-faire coupable, que traite aussi La planète Fifa, le document diffusé ce soir sur Arte.

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