Tout Eddy… et bien dit

Comment parler de Merckx sans radoter? Jean-Louis Lahaye répond par un numéro de Sur les traces de… formé de voyages, d'histoires et de témoignages inédits.

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Même si on effaçait les trois quarts de son palmarès, même s’il n’avait gagné qu’un seul Tour de France et même s’il n’avait pas été sympathique, Eddy Merckx aurait reçu le statut de « légende du sport belge ». A l’instar de Justine Henin ou de Jean-Michel Saive, l’homme a fait de sa carrière une épreuve solitaire qui l’a mené vers les sommets – c’est d’autant plus vrai dans son cas. Il a dévoré ses adversaires avec cette hargne et cette envie qui animent uniquement les sportifs aux veines chargées d’adrénaline. Cela n’avait rien d’une « revanche sur la vie », loin de là, puisque le jeune Eddy a eu une enfance heureuse, passée dans la verte commune de Woluwe-Saint-Pierre, à Bruxelles. Mais cela n’était pas tout à fait un hasard non plus: son père Jules était passionné de cyclisme et l’emmenait parfois suivre quelques courses quand il ne travaillait pas dans son épicerie. La suite, on la connaît depuis des décennies: sur Eddy, tout a été dit. C’est en tout cas l’obstacle qui, a priori, se dressait devant l’équipe de Sur les traces de…, qui voulait rendre hommage au géant Merckx à l’occasion de « l’année du vélo en Wallonie ».

Pas de panique: le challenge a été relevé. Jean-Louis Lahaye commence le tour de piste en montrant les images d’une Grand-Place noire d’un monde venu accueillir le héros belge après son premier sacre hexagonal, en juillet 1969. Ensuite, les histoires se succèdent, évoquant à la fois la genèse d’un sport nommé cyclisme et l’évolution d’un objet baptisé vélo, ou les lourdes exigences d’une discipline faite de sueurs et de doutes. Mais les témoignages – ceux de Philippe Gilbert, Paul Van Himst, Salvatore Adamo ou des proches du champion – vont plus loin, s’arrêtant notamment sur les soupçons de tricherie ayant un moment pesé sur Eddy, ou retraçant minute par minute les coulisses de son fameux « record de l’heure » réalisé à Mexico en 1972. L’émission s’offre également des excursions du côté des routes de l’exploit, à coup d’anecdotes et de souvenirs parfois oubliés. Rodrigo Beenkens est évidemment de la partie, rappelant avec sourire et fierté que son ami Eddy, à l’époque, n’était pas forcément le meilleur « client » des commentateurs: « Il était à la fois leur rêve et leur pire cauchemar ». La raison? Après seulement quelques dizaines de minutes de course, il n’y avait plus que le cycliste belge à l’image, car aucun de ses concurrents n’arrivait à suivre sa trace…

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